[27.] Le Président LC1 a été contre-interrogé lors de l'audience. Il a essentiellement réitéré son histoire, disant qu'il a arrêté (pour les protéger) la deuxième requérante au bar à Kireka où elles étaient sur le point d'être lynchées par les résidents parce qu‟elles s‟embrassaient en public. [28.] A partir de la preuve présentée par les deux parties, les questions suivantes ont été identifiées: 1. Y a-t-il eu ingérence illégale dans la vie privée de la requérante. 2. La seconde requérante a-t-elle été illégalement arrêtée et détenue, et par qui? 3. Est-ce que les locaux de la seconde requérante ont été illégalement perquisitionnés. 4. Est-ce que la seconde requérante a été traitée de manière cruelle, inhumaine et méprisante. 5. Est-ce que le droit à la propriété de la première requérante a été bafoué. 6. Quels sont, le cas échéant, les recours à la disposition des requérantes. [29.] Mr Rwakafuzi, avocat pour les requérantes, a invité la cour à répondre à toutes ces questions par l'affirmative et à attribuer à chacune de ses clientes des dommages-intérêts généraux d'une valeur d‟au moins 10 millions de shillings. Son argument était fondé sur le principe que la dignité de la personne est garantie par la Constitution et que personne ne peut la bafouer. Toute atteinte à la dignité d'une personne doit donc être condamnée par les tribunaux et la personne lésée devrait être indemnisée par de dommages et intérêts. Cette demande porte essentiellement sur la dignité humaine, qui doit être protégée. Les décisions rendues disent que, quand un citoyen affirme que ses droits ont été violés par l'État, l'État a le fardeau de prouver le contraire et de prouver que cela a été fait dans l'intérêt public. L'Etat n'a pas été acquitté de cette charge de la preuve car il n'a pas nié que le Président LC1 agissait en tant qu‟agent de l'Etat. [30] En outre et en ce qui concerne le Président LC1, Mr Rwkafunzi a fait valoir qu‟il n‟était pas un témoin sincère. Lors du contre-interrogatoire, celui-ci a déclaré que les requérantes étaient dans un bar en train de donner des cadeaux aux patrons. Il est donc inconcevable que dans une atmosphère où les gens dans un bar reçoivent de la littérature de la part des requérantes, il y ait eu en même temps des gens qui voulaient les lyncher.

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