En matière de motivation des acteurs, des efforts ont également été consentis. Il s’agit notamment, de l’adoption des statuts des différents corps de métiers de la justice (Magistrats, greffiers et GSP), des distinctions honorifiques et des lettres de félicitation dont bénéficient les agents. Par ailleurs, les conférences annuelles des différents corps du secteur permettent d’harmoniser les pratiques professionnelles des acteurs et de créer une synergie d’action. Nonobstant les progrès relevés ci-dessus, l'analyse diagnostique des ressources humaines met en évidence des faiblesses qui impactent négativement l’atteinte des résultats du secteur. En effet, les effectifs du secteur ne sont pas suffisants pour exécuter de façon optimale les missions qui lui sont dévolues. Pour assurer le fonctionnement efficace d’une juridiction comme un Tribunal de grande instance, en respectant le principe de la collégialité, il faudrait au moins 5 magistrats dont 3 juges au siège, un du parquet et un juge de l’instruction. Cette collégialité est mise à rude épreuve dans plusieurs juridictions du pays du fait de l’insuffisance du personnel. En 2016, le ratio magistrats/habitants, était de 2,4 magistrats/100 000 habitants pour une norme de 10 magistrats/100 000 habitants. Quant au ratio détenus/GSP, il était de 5,3. De même, le ratio de 3 greffiers par magistrat qui permet de garantir un fonctionnement efficace des tribunaux est loin d’être atteint. Actuellement, le nombre de magistrats en juridiction est largement supérieur à celui du personnel du corps des greffiers. Il est de 431 magistrats contre 382 greffiers en 2016 soit un ratio de moins de 1 greffier pour 1 magistrat (0,9 greffier/1 magistrat). Aussi, l’insuffisance d’auxiliaires de justice et d’interprètes dans les juridictions est un frein à l’accomplissement de l’œuvre de la justice ; car tout comme les greffiers, la présence en nombre suffisant d’interprètes judiciaires et d’auxiliaires de justice au sein des juridictions garantit le bon déroulement des procès. Le nombre d’interprètes judiciaires en 2016 était de 34 et il ne comporte toujours pas de cadre supérieur. Toujours en matière de recrutement du personnel judiciaire, les effectifs souhaités ne sont pas parfois atteints dû notamment au fort taux d’échec aux concours. Il faut également relever l’absence de plan de carrière pour certaines catégories de personnels. Par ailleurs, les procédures d’affectation des personnels spécifiques du ministère ne tiennent pas suffisamment compte des besoins réels des structures. En outre, en vue d’accroitre l’efficacité du personnel, les curricula de formation ont besoin d’être relus pour mieux les adapter aux besoins actuels. Un besoin de spécialisation s’avère également nécessaire pour les acteurs. Les notaires et les huissiers ne suivent pas une formation initiale théorique après leur admission au concours. Le stage pratique directement fait en cabinet n’est pas suffisant pour donner aux futurs huissiers et notaires, les compétences pour exercer efficacement sur le terrain. Il en est de même de leur formation professionnelle qui se fait sporadiquement au gré des projets intervenant dans le secteur de la justice et n’entre pas dans un plan cohérent. S’agissant de la formation continue du personnel, l’insuffisance du budget alloué ne permet pas le renforcement des capacités d’un nombre important d’acteurs. 14

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