136. En conséquence, nous rejetons l'affirmation selon laquelle le pétitionnaire a été défavorisé en matière d'éducation, de recherche d'emploi ou le logement en raison de son statut de personne intersexuée. En ce qui concerne le droit de vote du pétitionnaire, ce droit était à la disposition du pétitionnaire à la condition qu’il ait eu une carte d'identité nationale appropriée à des fins d'identification lors de l'exercice de vote. Il est évident que le pétitionnaire n'a pas fait d'efforts pour obtenir une carte d'identité nationale, ni fait d'efforts pour obtenir une carte d'électeur. Nous constatons que le pétitionnaire n'a jamais été privé de son droit de vote. Au contraire, c’est le pétitionnaire qui s’est privé de son droit en omettant délibérément de satisfaire aux conditions préalables pour le vote. Est-ce qu’en tant que personne intersexuée, le pétitionnaire a été victime de discriminations en matière matrimoniale? 137. Il a été argumenté que le pétitionnaire été victime de discrimination dans le domaine du mariage parce qu’il était une personne intersexuée. En effet, la loi kenyane ne reconnaissait le mariage qu’entre un homme et une femme, et le pétitionnaire n’étant prétendument ni mâle ni femelle, n'a pas été en mesure de conclure un mariage valide. Notre conclusion selon laquelle le pétitionnaire, en dépit de certaines difficultés, peut être classé dans l'une de ces deux catégories, réfute l'argument du pétitionnaire. 138. En outre, nous avons rencontré plusieurs décisions d'autres juridictions qui traitent des questions de détermination du sexe à des fins de mariage. La question des facteurs à prendre en compte pour déterminer le sexe d'une personne a été traitée dans l’affaire Corbett vs Corbett (supra), dans laquelle le juge Ormrod a décrit que le test de détermination du sexe d'une personne aux fins du marriage se faisait à l’aide de facteurs chromosomiques, de facteurs gonadiques, c’est-à-dire la présence ou l'absence des testicules ou des ovaires et de facteurs génitaux, y compris les organes sexuels internes. Ces paramètres ont été développés dans l’affaire Bellinger vs Bellinger (supra) de manière à inclure des facteurs physiologiques, des facteurs hormonaux et des caractères sexuels secondaires tels que la distribution de cheveux, le développement des seins, le physique, etc. Nous avons également pris note de Re Kevin (2001) FamCA, une décision australienne dans laquelle J. Chisholm a déclaré comme suit: "Afin de déterminer le sexe d'une personne en ce qui concerne le droit régissant le mariage, toutes les questions pertinentes doivent être prises en considération. Je ne cherche pas à énoncer une liste complète ni à suggérer que certains facteurs ont nécessairement plus d'importance que d'autres. Toutefois, à mon avis, les questions pertinentes sont les caractéristiques biologiques et physiques de la personne à la naissance (y compris les gonades, les organes génitaux et les chromosomes); les expériences de vie de la personne, y compris le sexe dans lequel il ou elle a grandi et l'attitude de la personne face à cet état; l’idée que la personne se fait d’elle-même en tant qu’homme ou femme; la mesure dans laquelle la personne a fonctionné dans la société comme homme ou femme; toute réattribution sexuelle hormonale, médicale, chirurgicale ou autres que la personne a subi, et les conséquences d'un tel traitement; et les caractéristiques biologiques, psychologiques et physiques de la personne au moment du mariage .... "

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