contrairement à l'Article 23 (1) de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui garantit à toute personne le droit au travail, à la liberté de choisir l'emploi et le droit à un salaire égal pour un travail égal, les personnes intersexuées sont défavorisées sur le marché du travail. Il a été fait valoir qu’à cause du manque de reconnaissance juridique, de la stigmatisation sociale qui s’ensuit et de l'incapacité économique causée par le chômage, les personnes intersexuées sont plus sujettes à la criminalité que celles qui sont de sexe masculin ou féminin. Il a été prétendu que, parce qu'il n'y a pas de reconnaissance légale pour les personnes intersexuées dans ce pays, ces personnes sont cachées par leurs familles ou doivent se cacher de peur d'être stigmatisées ou molestées. 33. En ce qui concerne la chirurgie correctrice, il a été dit que, bien que de nombreux enfants intersexués sont aujourd'hui soumis à une chirurgie correctrice, la famille du requérant était trop pauvre pour financer une intervention chirurgicale. La question a été posée de savoir à qui il incombait d'assigner le sexe d’enfant intersexué, est-ce que c’est l'enfant, le parent, le médecin ou le tribunal, et est-ce qu’une telle opération serait dans le meilleur intérêt de l'enfant ou porterait atteinte à la vie privée de l'enfant intersexué. En essayant de trouver des réponses à ces questions, l’affaire Gillick c. West Norfolk and Wisbech Area Health Authority & Another [1985] 3 All ER 402 a été evoquée; dans celle-ci, il a été jugé que, dans certaines circonstances précises, un mineur peut donner son consentement pour une intervention chirurgicale correctrice ou autre traitement médical sans nécessiter le consentement parental. 34. L'avocat du pétitionnaire a conclu les présentations en citant la Cour constitutionnelle de Colombie, dans deux décisions, à savoir Sentensia No.54-337/99 (The Ramos Case) and Sentensia T551/99 (The Cruz Case) dans lesquelles le tribunal colombien a conclu les deux décisions avec la même véhémente exhortation: "Les personnes intersexuées interpellent notre capacité à la tolérance et constituent un défi pour l’acceptation de la différence. Les pouvoirs publics, la communauté médicale et l'ensemble des citoyens ont le devoir d'ouvrir un espace pour ces personnes qui, jusqu'à présent, ont été réduites au silence. [...] Nous avons tous à les écouter, et pas seulement à apprendre à vivre avec eux, mais aussi à apprendre d'eux ". La Cour a été priée de conclure que le pétitionnaire avait prouvé les déclarations requises et à procéder à effectuer les déclarations. Soumissions de la 1ère partie intéressée: 35. Au cours de l'audition de la pétition, la 1ère partie intéressée, qui soutenait la pétition, était représentée par Mme Wakonyo. Les arguments avancés allaient dans le même sens que ceux avancés par le pétitionnaire. Par souci de concision, nous n’allons pas répéter ce qui a déjà été couvert dans les observations du pétitionnaire. Ayant adopté la définition d'une personne intersexuée contenue dans le dictionnaire éléctronique Wikipedia, Mme Wakonyo a fait valoir que le terme “intersexué” est appliqué à des êtres humains dont le sexe biologique ne peut pas être classé comme étant masculin ou féminin. Le pétitionnaire étant une personne avec des caractéristiques à la fois masculines et féminines correspondait à cette définition.

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