interprétation large à la question du locus standi. L’affaire Lemeiguran et 3 autres -VSProcureur Général et deux autres (2008) 3 KLR (EP) 325 a été invoquée, dans laquelle le juge
Nyamu (tel était alors son titre) et J. Emukule ont éstimé- notamment
"Une interprétation généreuse et fondée sur l’objet visé doit être donnée aux dispositions
constitutionnelles protégeant les droits de l’homme tout en tenant attentitvement compte
du choix des mots utilisés dans la Constitution. Le tribunal avait la responsabilité
d'interpréter la Constitution de manière à protéger et à valoriser le droit des minorités et
des autres groupes défavorisés.
29. Il a été soutenu que cette cour ne devrait pas s’enliser inutilement dans des questions de
locus standi en matière constitutionnelle, comme celle qui est portée devant le tribunal. Le
tribunal a été invité à être proactif pour ce qui est du respect des droits des personnes
intersexuées en leur donnant une reconnaissance juridique. Comme il n'y avait pas de
précédents kenyans sur le sujet, le tribunal a été invité à appliquer les normes
internationales et à accorder les ordonnances requises.
30. Il a également prétendu que, en raison de l'absence de reconnaissance juridique, le droit
de vote du pétitionnaire, tel que prévu à l'Article 34 de la Constitution, a été violé. Il a été
affirmé que, sans un certificat de naissance, le pétitionnaire ne peut obtenir une carte
nationale d'identité qui est un document nécessaire avant de pouvoir être inscrit comme
électeur. Dans les circonstances, le pétitionnaire ne peut pas être inscrit dans une
circonscription comme électeur ni viser un siège politique ou voter pour quelqu'un d'autre.
Ainsi, le pétitionnaire est privé de ses droits en raison de son statut de personne
interséxuée. Il a été souligné que le manque de reconnaissance juridique enfreint l'Article 21
(1) de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui stipule: " Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays,
soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis. "
31. Il a été affirmé qu'en raison de cette absence de reconnaissance juridique, le
pétitionnaire, et d'autres comme lui, ne peut pas jouir du droit au logement, ou du droit à
acquérir des biens, contrairement à l'Article 17 de la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme. Le pétitionnaire et d'autres comme lui, ne peuvent obtenir un numéro
d'identification personnel (NIP), ce qui entraîne une incapacité économique. En substance, il
a été affirmé que les personnes intersexuées, en tant que groupe minoritaire, n’ont pas de
reconnaissance juridique et que le manque de reconnaissance sous toutes ses formes est
contraire aux dispositions et à l'esprit de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
32. Il a également été affirmé que, en raison de l'absence de reconnaissance juridique des
personnes intersexuées, le pétitionnaire ne peut obtenir un emploi. Cela est dû au fait qu'il
ne peut être employé sans une carte d'identité nationale, carte qu’il ne peut obtenir que s’il
dispose d’un certificat de naissance. Pourtant, un enfant intersexué ne peut obtenir de
certificat de naissance parce que son genre n’est ni masculin, ni féminin. Le pétitionnaire et
d'autres personnes intersexuées ne peuvent pas non plus atteindre les qualifications
académiques en raison de la stigmatisation sociale qu’ils rencontrent à l'école et du fait
qu'ils ne peuvent pas accéder aux formulaires d'inscription aux examens. Ainsi,
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