En outre, lorsque le Sergent Adanga a entendu le coup et s‟est dirigé en direction du bruit d'un coup de feu, il a rencontré l'accusé qui sortait de sa résidence. Il s‟est arrêté et il lui a dit qu'il (accusé) avait tiré sur sa femme accidentellement et lui a remis le pistolet. Selon le témoignage d‟OICpl. Ogwal Alex (PW10) qui était également en service de nuit, lorsque PW5 est revenu au poste après être sorti pour en savoir plus sur le coup de feu, PW5 lui a dit que le OPC avait tué sa femme au cours d'une bagarre et était en train de l'emmener à l'hôpital. Il lui tendit un pistolet qui appartenait à l'OPC qui contenait six balles sur les sept pour lesquelles il avait signé le 11 avril 2008, auprès du responsable de l‟armurie, le Sergent Ogwal Bell (PW6). PW5 n‟était pas sûr que la victime soit morte ou vivante et une fois que PW5 ait trouvé le corps de la défunte abandonné sur la route près du bureau de poste, il est revenu et a chargé PW10 d‟enregistrer un cas de meurtre par balle. PW10 a enregistré le cas de meurtre par balle dans SO / 02/20104/08 et enregistré le pistolet comme pièce à conviction et a rédigé la première fiche de renseignements qui était la pièce à conviction n°7. Jusqu'à ce stade, les événements qui ont suivi la mort de la défunte se déroulaient naturellement et je crois aux témoignages de PW8, PW5, PW6 et PW10 conformément à l‟Article 113 de la Loi sur la Preuve. Mais comme je le montrerai plus loin dans ce jugement, lorsqu'il s‟est agi de la crédibilité des témoins, l'affaire a pris une tournure différente à la lumière de l'intervention du Conseiller Régional de Police de la Direction des Enquêtes Criminelles d‟alors. La défense m'a demandé de ne pas tenir compte des témoignages de PW8 et PW5 parce que chacun d‟entre eux ont fait deux déclarations contradictoires dans le dossier. PW5 et PW8 confirment avoir fait deux déclarations contradictoires. Leurs premières déclarations incriminent l'accusé, tandis que leurs secondes le disculpent. PW5 a expliqué dans son témoignage qu'il a fait la seconde déclaration (pièce P2) sur les instructions de Rashid Juma, l'Agent Régional de la Direction des Enquêtes Criminelles, qui s‟était emparé du dossier une semaine plus tard. Il était même mal à l'aise lorsque l'on évoque ce fait qui est, je crois, dû à la pression des officiers supérieurs étant donné qu‟il a même été enregistré à 10h00, 30 minutes avant qu‟il n‟ait fait la première déclaration. Il a confirmé sous serment que sa première déclaration, celle qui confimait l‟information contenue dans SD/02/20104/08 était la vraie. SP Mugarura qui était l'Agent de District de la Direction des enquêtes criminelles et qui a témoigné en tant que PW14, a expliqué dans son témoignage qu'il soupçonnait que la nouvelle tournure enterprise par les Agents de l'Administration Régionale de la Direction des Enquêtes Criminelles ayant repris les enquêtes conduirait à la perte d'éléments de preuve et a décidé de photocopier le fichier avant de leur remettre. En effet, c‟est la photocopie de la déclaration de PW5 qu'il a présentée (pièce à conviction P3) qui était disponible. La déclaration originale de PW5 avait été retirée du dossier et n'avait jamais été vue. Rashid Juma est depuis lors décédé et ne pouvait donc pas comparaître pour expliquer où il a mis la déclaration originale de PW5. Je me rends compte de la difficulté de PW5, un officier subalterne, a s‟en tenir à des preuves qui épinglent son Commandant de Police du District alors que des officiers supérieurs lui ont dit de changer de position. Cette explication est logique et l'attaque de la défense sur elle est sans fondement dans les circonstances.

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