1.3.1. AU NIVEAU DES SECTEURS SOCIAUX
1.3.1.1. Au plan socio culturel et religieux
Le Burkina Faso est un pays qui incarne un pluralisme ethnique, avec plus de soixante unités
ethnolinguistiques répertoriées et regroupées dans plusieurs familles, d’où découle une diversité
de pratiques et de formations socioculturelles qui ont forgé des traditions solides et établi des
systèmes de rapports de genre variés.
En somme, les lois et pratiques coutumières et religieuses demeurent encore les références pour
la majorité de la population. Ainsi, les rôles et responsabilités des hommes et des femmes dans les
sociétés, qui sont d’avance fixés par la culture traditionnelle, et renforcés par certaines croyances
religieuses, sont utilisés pour expliquer et légitimer les inégalités et disparités existantes entre les
hommes et les femmes qualifiées par certains de normales, naturelles voire divines.
En outre, les inégalités relevées au niveau socio culturel et religieux concernent principalement,
entre autres :
- la persistance de la préséance du garçon par rapport à la fille dans le choix des naissances,
dans le droit de succession et le droit de propriété ;
- les inégalités et disparités dans la division sexuelle du travail, qui donnent plus de charge de
travail à la femme par rapport à l’homme, à la fille par rapport au garçon, avec des impacts
dommageables sur leur santé, leur productivité, leur temps de loisir et leur réinvestissement
en capital humain ;
- l’existence et la perpétuation des pratiques traditionnelles qui sont néfastes à la femme (le
lévirat, l’excision, les bastonnades, le sororat, la polygamie imposée à la première épouse, les
mariages précoces et forcés…), et quelques fois à l’homme (le sororat, la polygamie, les
bastonnades, le mariage forcé, le rejet des sollicitations du mari sur le lit conjugal…). Par
exemple, le mariage forcé et la polygamie imposée, concernent tout autant l’homme que, la
femme, et peuvent être, en cas de refus, une cause de bannissement de la femme ou
d’émigration définitive de l’homme ;
- les violences sexuelles, tels le viol, le harcèlement sexuel, les agressions et abus sexuels, la
pédophilie, et la pornographie infantile, qui touchent autant les femmes que les hommes,
mais sont plus prononcées chez les premières ;
- l’exploitation sexuelle des jeunes filles ;
- certaines traditions, qui entretiennent encore des préjugés et des stéréotypes qui causent des
périls moraux à l’un ou l’autre sexe, mais beaucoup plus aux femmes et ;
- les inégalités d’accès ou le maintien des processus d’exclusion ou d’auto exclusion sociale, et
particulièrement celle des femmes et des enfants (filles et garçons) aux sphères de décision.
En somme, le contexte culturel et religieux au Burkina Faso comporte encore des facteurs qui
influencent et déterminent fortement l’accès et le contrôle des hommes et des femmes aux
ressources, aux services sociaux de base, aux activités de la vie publique et privée ainsi que leur
participation aux sphères de décision. En dépit des dispositions juridiques et des mesures
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