Cette précieuse pratique coutumière devrait être clairement distinguée de ce qui est pratiqué de
nos jours quand les maris potentiels sont tenus, par pur égoïsme, de faire parvenir
d‟innombrables marchandises à leur future belle-famille. Ceci est une altération du traditionnel
« l'kwanjula », le paiement du prix de la fiancée qui est destiné à être une cérémonie très privée
au moins au Buganda. Certains ont également tendance à confondre cela avec la coutume
Kinyankore de « okuhingira » où une jeune mariée s‟en va vers son nouveau foyer équipée du
nécessaire à la construction d‟un foyer, comme l'a déclaré Mr Kakuru.
Mme Mutesi a résumé le tout en soulignant que les pétitionnaires auraient pu choisir parmi
diverses formes de mariage qui sont légalement reconnues en Ouganda et qui ne comportent pas
les rites/pratiques coutumiers, avant de chercher à abolir les cultures des autres.
Je constate que tous ceux qui ont déposé des affidavits à l'appui de la pétition se sont focalisés
sur les cas de violence domestique prétendument consécutifs à l‟incapacité d‟effectuer le
remboursement du prix de la mariée. Je trouve que cette preuve manque de données. La violence
domestique est une situation que les femmes / hommes subissent dans le monde entier et qui a
reçu l'attention des Nations Unies - La Déclaration sur l'élimination de la violence faite aux
femmes - (Résolution 48/104 de l'Assemblée générale de 1993) enjoint spécifiquement les États
membres de mettre en oeuvre des politiques visant à éliminer la violence contre les femmes. La
loi sur la violence domestique est encore à l‟étude et nous espérons que la Loi verra bientôt le
jour afin de traiter la situation. Curieusement, la violence est plus répandue dans les pays où le
terme « prix de la fiancée » est inconnu, à l'exception de l'Inde, mais même dans le cas de l'Inde,
c‟est le paiement insuffisant d‟une dot par la mariée qui est la cause de la violence domestique et
du suicide. Cela n‟est pas dû au « prix de la mariée ».
Je conclus donc en disant que, au vu des croyances et pratiques, au vu des différentes personnes
qui valorisent leurs propres pratiques, les tribunaux ne devraient pas s‟empresser de les
supprimer en infligeant une déclaration générale d‟interdiction sur base de fallaciosité. Ceci
priverait les divers groupes ethniques du sentiment précieux relatif à leur identité, dignité et
estime de soi. Ces coutumes sont des systèmes de valeur que seules les tribus concernées
connaissent le mieux. Je pense que, par conséquent, elles devraient être autorisées à conserver ce
qu'elles chérissent.
Cela ne veut cependant pas dire que les tribunaux ne devraient pas supprimer les coutumes qui
sont se sont avérées être odieuses, offensantes et inconstitutionnelles.
Les pétitionnaires peuvent en attendant demander des recours en vertu de la Loi sur le Code
pénal ou toute autre loi pertinente.
Je dois dire qu‟aucune tentative n‟a été faite pour prouver les allégations formulées.
Je pense que ceci couvre suffisamment ce que j‟ai à dire à propos de cette pétition que je rejette
immédiatement.
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