Encore une fois, l'attitude selon laquelle la richesse de la mariée telle que pratiquée en vertu du
droit coutumier par diverses nationalités de l'Ouganda fait d‟une femme mariée une marchandise
est essentiellement le résultat d‟une conception erronée de la coutume comme cela a été décrété à
tort par la cour dans l‟affaire RV Amkeyo (Supra), que j‟ai longuement traitée au cours ma
résolution des questions (g) et (h) ci-dessus.
Je ne vais donc pas le répéter ici. Cela s‟applique avec une force égale à cette question. Je
souscris à l'argument du deuxième défendeur selon lequel pendant le processus de formation
d‟un mariage coutumier, aucune fille n‟est mise à vendre. Dans la culture Kinyankole ainsi que
dans d'autres cultures, la mariée demeure la fille de ses parents. Il semblerait également que
selon la coutume et la tradition, l'un des buts pour lesquels on donne des vaches aux parents de la
mariée comme richesse de la mariée, tout au moins dans la culture Kinyankole, est pour s'assurer
qu‟il y aura toujours une source immédiate de lait pour la fille et ses amis à chaque fois que leur
fille vient visiter la maison. Ce qui est loin d'être une érosion de la dignité de la mariée. Je
conclus donc que dans un tel mariage, la mariée n‟est pas considérée comme une marchandise.
La remise de la richesse de la mariée par le marié aux parents de la mariée n‟enfreint pas
l‟Article 31 (1) de la Constitution.
Vue de cette façon, la richesse de la mariée cesse de ressembler à l'image sensiblementt erronée
qui a été peinte dans la décision du juge en chef Hamilton dans l‟affaire R Vs Amukeyo (supra).
Adopter cette attitude équivaudrait à sortir le fantôme de Amkeyo (supra) d'un sommeil de 93
ans dans les limbes des défuntes attitudes du droit coutumier africain à propos de la richesse de
la mariée; attidude qui devrait être délaissée et autorisée à reposer dans la paix éternelle, comme
cela est le cas, depuis qu'elle y a été envoyée il ya 43 ans par Sir Udo CJ Udoma (tel était alors
son titre), dans l‟affaire Alai Vs Ouganda 1967 EA 596 à l'âge avancé de cinquante ans, période
pendant laquelle elle semble avoir été la règle dans ce domaine. Le Juge en chef avait déclaré;
"(1) .......... toute femme mariée en vertu de l‟Article 150 du Code pénal
désigne toute femme qui est mariée à un homme indépendamment de la
forme de ce mariage; pourvu que ce mariage ait été effectué selon une des
formes reconnues par le peuple de l'Ouganda, y compris les mariages
pratiqués selon la coutume du peuple.
Ce serait une régression judiciaire si la cour ressuscitait Amkeyo (supra) en en faisant une
autorité juridique contraignante dans notre système légal ou si elle permettait à son fantôme de
régner sur le peuple de son lieu de repos éternel. Je conclus cette question par la négative.
Question (k).
La plainte à la question (k) est de savoir si la demande d'un remboursement de la richesse de la
mariée en tant que condition préalable à une dissolution valide d'un mariage coutumier prend ou
ne prend pas en compte la contribution de la femme au foyer, ce contrairement à l'Article 33 (4)
de la Constitution.
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