Les mutilations sexuelles féminines sont associées à toute une série de risques et
de conséquences pour la santé. Presque toutes les femmes et les filles qui ont subi
des mutilations sexuelles féminines souffrent de douleurs et de saignements dus à
l’intervention. L’intervention elle-même est traumatisante étant donné que les
filles sont généralement immobilisées par la force pendant celle-ci (Chalmers et
Hashi, 2000 ; Talle, 2007). Celles qui subissent une infibulation ont fréquemment les
jambes attachées ensemble pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après
l’intervention (Talle,1993). D’autres problèmes de santé physiques et
psychologiques, dont la fréquence est variable, surviennent. D’une manière
générale, les risques et les complications associés aux interventions de types I, II et
III sont semblables, mais ils ont tendance à être nettement plus graves et plus
fréquents plus l’intervention est importante. Les conséquences immédiates, telles
que les infections, ne sont généralement rapportées que lorsque les femmes vont
rechercher un traitement hospitalier. Par conséquent, l’étendue réelle des
complications immédiates reste inconnue (Obermeyer, 2005). Parmi les
conséquences à long terme figurent des douleurs chroniques, des infections, une
diminution du plaisir sexuel, et des conséquences psychologiques telles que des
états de stress post-traumatique.
Dangers lors de l'accouchement
Les résultats d’une étude menée par l’OMS dans plusieurs pays, à laquelle plus de
28 000 femmes ont participé, confirment que les femmes qui ont subi des
mutilations sexuelles courent un risque sensiblement plus élevé de complications
au cours de l’accouchement. Une plus grande fréquence des cas de césarienne et
d’hémorragie postpartum a été constatée chez les femmes ayant subi des
mutilations sexuelles de types I, II et III par comparaison aux femmes qui n’ont pas
subi de mutilations sexuelles. Les mutilations sexuelles féminines ont des
conséquences néfastes et le risque croît avec la gravité de la mutilation subie
(groupe d’étude OMS sur les mutilations génitales féminines et le devenir
obstétrical, 2006).
L’un des résultats nouveaux et marquants de cette étude est que les mutilations
génitales des mères ont des conséquences négatives sur les nouveau-nés. Le fait le
plus grave étant que les taux de décès périnatals chez les nouveau-nés sont plus
élevés pour les enfants des femmes ayant subi une mutilation sexuelle que pour les
enfants des femmes n’ayant pas subi de mutilation : il est supérieur de 15 % pour
les enfants dont les mères ont subi une mutilation de type I, de 32 % lorsque les
mères ont subi une mutilation de type II, et de 55 % lorsqu’il s’agit d’une mutilation
sexuelle de type III. Dans les centres d’études, il a été estimé que, pour 100
accouchements, un à deux nouveau-nés de plus décèdent du fait des mutilations
sexuelles féminines.
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