route. Il aurait pu faire un rapport à son poste de police à Lugazi et s‟il craignait des représailles, il aurait alerté ses parents pour qu‟ils prennent soin de la situation comme ils l‟ont fait parce qu'il n‟était pas apparu en public, même au village. A mon avis, il était devenu un fugitif qui pouvait fuire mais qui ne pouvait pas éternellement se cacher. L‟accusation a fait comparaître des témoins tels que le médecin (PW11) et Mme Robinah Kirinya (PW15) qui ont apporté peu de valeur au cas, voire pas du tout. PW3 qui a vu le corps à la morgue a affirmé catégoriquement que la défunte était enceinte et qu'un foetus avait été enlevé à la suite d'une opération mais le Dr Bachwa dit qu'il n'a jamais examiné le reste du corps. Il n‟a observé que la plaie sur le visage et n‟a pas retourné le corps pour faire un examen ou une observation de l'ensemble du corps. Bien qu'il ait admis ne pas disposer d'installations pour faire une autopsie, sa manière de traiter l‟obligation de procéder à une autopsie laissait à désirer. Il a rempli le PF 488 d‟une façon qui démontrait qu'il n‟était pas apte à faire le travail. Il a dû remplir le formulaire dans un endroit incongru. De même, l'expert en balistique n‟avait aucune constatation pertinente à apporter à cette affaire. Il n'y avait pas de doute quant à la capacité du pistolet à tirer une balle et pourtant c‟est la seule confirmation qu'elle a apporté. Elle prend son temps pour faire une analyse et n‟a pas pu dire quand est-ce que le pistolet avait fait feu pour la dernière fois. Elle nous a juste fait perdre du temps et du papier. Monsieur et Madame les assesseurs m‟ont donné des opinions séparées. Monsieur l‟assesseur n‟était pas clair dans son opinion mais a observé que puisque la défunte avait demandé à l'accusé de la tuer, il n'y avait pas préméditation. Il m'a conseillé de déclarer l'accusé coupable d'homicide involontaire. J‟ai l'impression que Monsieur l‟assesseur a fondé son opinion sur la conviction que la défunte s‟était mise en danger en demandant à l'accusé de la tuer. Madame l‟assesseur a clairement affirmé que, pour elle, il y avait des contradictions chez les témoins à charge et que donc, l‟accusation n‟était pas parvenue à prouver la culpabilité de l'accusé. Elle m'a conseillé d'acquitter l'accusé. En la matière, je suis incapable de suivre le conseil d‟aucun des deux assesseurs. Dans mon résumé, j‟ai expliqué ce qui était constitutif d‟une preuve circonstancielle et comment traiter les témoins dont le témoignage est en partie vrai et en partie faux. En la matière, les deux assesseurs n‟ont pas compris la loi telle qu‟elle a été citée et ont interprété que l'absence de témoins oculaires constituait une absence de preuve directe et signifiait que l'affaire n'avait pas été prouvée. Ayant anticipé la nature complexe de la preuve auprès de la Cour ainsi que son volume, j‟avais demandé à la fin de mon résumé aux assesseurs de: «Évaluer l'ensemble de la preuve de l'Accusation contre la défense de l'accusé et me conseiller si vous croyez que l'Accusation a prouvé la culpabilité de l'accusé au-delà de tout doute raisonnable ou est-ce que vous avez un doute raisonnable".

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