Dans la pratique, et ce malgré le dispositif juridique existant et les bonnes intentions maintes fois proclamées, les hommes et les femmes ne jouissent pas encore des mêmes privilèges quant à leur participation à la vie publique et à la prise en compte de leurs potentialités dans le domaine de la gouvernance. Au niveau de la gestion du pouvoir traditionnel, on note la faible visibilité du rôle de la femme parce que ce pouvoir est essentiellement construit sur un système patriarcal : les hommes et les femmes ne jouissent pas des mêmes chances et des mêmes opportunités dans le domaine de l’accès et de l’exercice du pouvoir. Au niveau de la gestion du pouvoir d’Etat, d’une manière générale, les femmes ont toujours été sous-représentées dans les institutions nationales et locales depuis l’indépendance du pays. Le nombre de femmes dans chaque gouvernement n’a jamais dépassé cinq (05), et celles-ci ont généralement occupé les domaines qui renvoient à leur rôle social (enseignement, action sociale, promotion féminine, etc.). Ainsi, par exemple, le gouvernement de juin 2007 n’a pas dérogé à la règle puisqu’il compte 5 femmes sur 34 ministres et ministres délégués, soit un taux de 14,24 % de représentation féminine. Au niveau des postes électifs, même si l’on constate des améliorations, le progrès se fait toujours attendre. Durant la période 1959-2002, les chiffres indiquent un total de 537 hommes contre 30 femmes qui ont siégé au Parlement : ce qui représente seulement 5,29 % (1,4 % à la première législature, 9 % à la deuxième, 12 % à la troisième et 14 % à la quatrième). Quant au pouvoir local, la représentation des femmes élues a progressé à raison de 8,9 % en 1995, 20,8 % en 2000, et 35,80 % en 2006. Sur les 351 maires que compte actuellement le pays, 20 seulement sont des femmes. Au niveau des postes nominatifs, on note également une faible présence des femmes aux hautes fonctions de l’administration. A titre d’exemple, on a deux (02) femmes gouverneurs sur 13 ; trois (03) femmes ambassadeurs sur 26 ; une (01) femme présidente de la Haute Cour Judiciaire sur 4 ; une (01) femme procureur sur 19 ; deux (02) femmes chefs de juridictions sur 19 tribunaux de grande instance, etc. On note également une inégalité de genre dans l’occupation des postes de direction au sein des organisations nationales ou locales : organisations professionnelles, organisations locales (Conseil villageois pour le développement), syndicales, associatives (sauf si l’association est constituée uniquement de femmes). Cette sous représentation des femmes limite leur influence sur l’élaboration des lois et des politiques à tous les niveaux. Plusieurs raisons ou facteurs expliquent la sous représentation des femmes en politique, au nombre desquels on peut retenir : - la persistance des préjugés socioculturels et des stéréotypes sexistes ; - le faible niveau d’éducation et d’instruction de la femme ; 19

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