situation générale reste en deçà des attentes. En effet, le système sanitaire est l’objet de plusieurs
handicaps et critiques, dont l’inégal accès aux soins de santé et aux services de santé de la
reproduction.
Ces inégalités et disparités de genre se caractérisent par une sous utilisation des services de santé
(34%) due essentiellement à la distance, à la pauvreté et au faible pouvoir d’achat des populations
en général, et celui des femmes en particulier. A cela s’ajoute le manque de pouvoir de décision
des femmes : en effet, en cas de maladie, ce sont les rapports de genre qui déterminent la décision
d’aller consulter ou non dans une formation sanitaire.
Le domaine de la santé de la reproduction connaît un essor, surtout en milieu urbain, pour
certaines catégories de personnes, mais les disparités d’accès donnent les constats suivants :
- en Afrique subsaharienne, dans la tranche d’âge de 15 à 44 ans, 26 % de femmes meurent de
maladies ou de complications liées à l’hygiène sexuelle ou au comportement procréateur,
contre 7 % des hommes (Banque mondiale, 1999). En outre, le taux de mortalité maternelle
est très élevé (5 décès pour 100 000 naissances) et ;
- la santé de la reproduction des adolescents et adolescentes est caractérisée par une sexualité
précoce, des grossesses précoces et non désirées, des avortements provoqués (au CHN-Souro
SANOU, 37 % des décès maternels sont dus à des avortements clandestins et plus de la
moitié concernent des adolescentes).
Par ailleurs, l’on relève par ailleurs une faible implication des hommes dans la gestion de la santé
de la reproduction familiale. Celle-ci se traduit aussi bien dans la fréquentation des services de
santé pour des questions de santé de la reproduction que dans la prise de décision en faveur de
cette santé. Ainsi par exemple, sur 433 cibles primaires interviewées, 72,5 % affirment n’avoir
jamais fréquenté les centres de santé de la reproduction.
S’agissant de la situation spécifique du VIH/SIDA qui est devenu un véritable problème de
développement, les données de l’EDS III (2003) indiquent un taux de séroprévalence
sensiblement équivalent pour les hommes (1,9 %) et les femmes (1,8 %). Cependant, l’impact du
VIH sur les genres montre que les femmes sont plus vulnérables que les hommes à l’infection par
le VIH. Les inégalités entre les hommes et les femmes, et notamment la difficulté à négocier des
rapports sexuels protégés, participent à la propagation de la pandémie : par exemple, au Burkina
Faso, le taux d’infection chez les filles âgées de 13 à 24 ans, est 5 à 8 fois supérieur à celui des
jeunes garçons de la même tranche d’âge (CEA, 2004). La vulnérabilité des femmes mais aussi
celle des hommes au VIH/SIDA, est renforcée par les pratiques culturelles tels que les
mutilations génitales, la polygamie, le mariage forcé et/ou précoce, les viols, et l’homosexualité,
etc.
1.3.2. AU NIVEAU DES SECTEURS DE LA PRODUCTION
A peu de différence près les relations homme/femme dans les sous secteurs de la production, tels
que l’agriculture, l’élevage, la pêche, les ressources naturelles, les mines et l’artisanat, sont
marquées par des fortes inégalités et disparités de genre présentant les mêmes caractéristiques
générales.
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