la mariée quant à savoir si elle consent à épouser le fiancé. Les intermédiaires entre le côté de la
mariée et celui de l'époux, tels que le Katerarume (intermédiaire) dans la culture Kinyankole ou
la « Ssenga », tante officielle de la mariée, et le “Muko” (le beau-frère officiel de l'époux), dans
les cultures Kiganda sont des exemples d'intermédiaires importants entre les deux côtés.
Dans de nombreuses cultures, en plus des mesures mentionnées ci-dessus et soigneusement
prises pour s‟assurer que la mariée n‟est pas forcée d‟épouser un partenaire qu‟elle n'aime pas, il
est demandé à la mariée si elle consent au mariage; cette question est posée soit à la mariée ellemême soit à son agent officiel, par exemple dans la culture Kiganda, à la tante officielle
(Ssenga), qui est librement choisie par la mariée elle-même parmi ses tantes ou ses parents très
proches de son côté paternel. La réponse de la mariée ou de sa tante atteste d'un tel consentement
ou de son absence. Cet acte est considérablement respecté lors de la cérémonie de présentation
(Okwanjura) dans la culture Kiganda. Okwanjula est défini dans le «Enkuluze y'Oluganda
eye'Makerere » (Le Dictionnaire Luganda) comme « Omuwala okulaga bazadde be omulenzi
gwaba asiimye okufumbirwa" qui se traduit comme la fonction par laquelle une fille présente ou
montre �� ses parents le garçon qu'elle a choisi d’épouser. En outre, dans les très rares cas où la
jeune fille peut sentir qu'elle est forcée de contracter un mariage avec quelqu'un qu‟elle n‟a pas
choisi, la fille va simplement disparaître (okubula) de la maison de ses parents, soit peu de temps
avant soit pendant la nuit précédant le jour du mariage, et ce, dans la plupart des cas avec l'aide
active de la tante officielle, qui généralement est parfaitement au courant de la raison de l'attitude
et de la protestation de la jeune fille. Mais ceci est très rare. Le sens de “Okwanjula” tel
qu‟expliqué ci-dessus inclut nécessairement le consentement.
La culture des Kikuyu, une des nationalités du Kenya, est un autre exemple d'un processus
complexe permettant de déterminer si la mariée consent oui ou non au mariage.
Dans l‟affaire Mwangiru Vs Mumbi 1967 EA 639, le mariage coutumier entre un homme et
une femme a été déclaré invalide pour absence de consentement de la femme, parce que lors
d‟une des deux occasions où ce consentement devait être donné par la mariée et constaté, la
mariée a choisi de se cacher dès la deuxième occasion, et son absence a été considérée comme
l‟expression de l'absence de consentement.
Je retiens l‟argument des défendeurs selon lequel, étant donné qu‟en Ouganda il existe une
variété d'options de mariage mises à disposition de ceux qui ont l'intention de se marier, lorsque
deux adultes choisissent de contracter un mariage coutumier où la richesse de la mariée est
reconnue comme une condition préalable à tel mariage, alors ils acceptent de respecter toutes les
fonctionnalités qui y sont associées. Aucun d'eux ne devrait donc prétendre ou se plaindre que
son consentement a été entravé, à moins qu'il n‟existe une preuve satisfaisante pouvant soutenir
le point de vue contraire.
Je conclus donc cette question par la négative.
Sélectionner le paragraphe cible3
Se connecter à un paragraphe
Connect to an entity
Disable highlights
Ajouter à la table des matières