À mon avis, la pratique du prix de la fiancée viole toutes les dispositions constitutionnelles qui
ont été adoptées pour assurer une protection aux femmes, y compris les Articles 21, 24, 31, 32
(2) et 33 de la Constitution. Pourtant, la pratique n‟a plus aucune raison d‟être. Elle est
maintenant devenue purement commerciale et est la cause d‟exploitation et d‟humiliation pour
les femmes. Je soutiens la pratique émergente selon laquelle, avant, pendant ou après le mariage
du couple, le mari, avec l'aide des parents, de la famille et des amis donne aux parents de la
mariée n‟importe quel paiement à titre gracieux (Kasiimo), pour les remercier d‟avoir élévé son
épouse. Il est volontaire, il n'est pas exigé, il n'y a pas de marchandage, il n‟humilie pas la mariée
et il n‟est jamais remboursé lorsque le mariage est rompu.
En conséquence, je vais autoriser cette pétition et faire les déclarations suivantes: (1) La pratique consistant à demander et à payer le prix de la fiancée comme exigence pour la
reconnaissance d'un mariage coutumier valable est inconstitutionnelle et viole les Articles 31 (1)
(b), 31 (3), 32 (2) et 33 (1) de la Constitution.
(2) La demande de remboursement du prix de la fiancée comme condition préalable à la
dissolution du mariage coutumier est contraire aux Articles 31 (3) et 32 (2) de la Constitution et
est nulle et non avenue.
(3) La demande et le paiement du prix de la fiancée déshumanise la femme dans le cadre du
mariage car elle la représente comme un bien qui peut être vendu sur le marché et la soumet à
une humiliation potentielle, à de la torture et à des traitements cruels et dégradants, en violation
des Articles 24, 31 (1) et 32 (2) de la Constitution.
(4) Le régime des prix de la fiancée soumet une femme à l'esclavage et à la servitude en
l‟empêchant de fuir un mariage abusif longtemps après qu'il n‟ait été irrémédiablement brisé.
Ceci est contraire aux Articles 25 et 44 (b) de la Constitution.
(5) Chaque partie à cette pétition saura supporter ses propres dépens.
Fait à Kampala cette ...... 26 ............ .mars ...... .2010.
Hon. Juge A. Twinomujuni
JUSTICE D'APPEL.
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