Ceci explique son absence de le lit conjugal durant toute cette nuit. Cela explique
qu’il l’ait enfermée (sa femme) dans leur chambre. Cela explique les mouvements
qu'elle entendait dans la chambre de grand-mère toute la nuit. Rien de tout cela n’est
compatible avec l'innocence de l'accusé.
Elle a témoigné que, lorsqu'il est revenu lui ouvrir la porte et l’a touchée il était très
froid. Bien sûr, la nuit est froide, et le fait de creuser, enterrer et rester dehors
presque toute la nuit refroidirait n’importe qui. Elle a également témoigné qu'il s’est
endormi sous l'arbre le matin. Encore une fois ceci était compatible avec un corps qui
avait été privé de sommeil pendant toute une nuit alors qu’il faisait du travail dur et
manuel.
Son témoignage est corroboré par la conduite de l'accusé. Pourquoi a-t-il disparu de
son domicile au moment où sa grand-mère a été assassinée? Pourquoi n’a-t-il pas
déclaré à tout le monde (a) qu'il allait à Busaba (b) que sa grand-mère avait disparu
ou avait été assassinée?
Le gourdin/bâton qui a effectivement été retrouvé enterré avec le corps de la grandmère. J’ai remarqué qu’à aucun moment dans sa déclaration sans serment, l'accusé
n'a fait référence au témoignage de sa femme pour discréditer certains aspects ou
details, pas même une fois.
La seule fois où il s’est référé à elle c’est quand il a réfuté l’accusation et a déclaré
qu’un certain Twaha l’influençait afin de lui faire porter la responsabilité de
l’assassinat. Son témoignage reste donc largement incontesté. Même si c’était sa
parole contre la sienne, elle demeure un témoin beaucoup plus solide et crédible que
lui.
Le motif de l'assassinat a été éloquemment exposé par le Président de la zone Bwire
Abdu: la peur d'être mis à la rue par la grand-mère ce 28 avril 2010. C’est pourquoi il
a dû agir avant cette date, ce qui explique son choix du 24 avril, un dimanche quand
il restait suffisamment de temps avant la date limite, mais ceci étant le dernier weekend avant le 28 avril, l'accusé a jugé que c’était le meilleur moment pour agir.
Par conséquent, même sans la pièce à conviction PE 6, grâce à la déclaration
d’accusation et de caution dans laquelle l'accusé a admis le meurtre de la personne
décédée, l’accusation a amplement prouvé la culpabilité de l'accusé au-delà de tout
doute raisonnable.
Je souscris donc à l'avis de l'assesseur et condamne par conséquent la personne
accusée d'assassinat.
Fait à Tororo, ce 9 septembre 2011
JUGE MIKE J. CHIBITA
ALLOCUTUS: