Donc, la question de savoir si la cellule était allumée ou non est un faux problème.
L'appelant et le plaignant se connaissaient. En effet, dans la nuit en question, l'appelant et le
plaignant dormaient côte à côte. C’est ce que le plaignant a raconté dans son témoignage.
Lorsque l'appelant a inséré son pénis dans l’anus du plaignant, celui-ci a résisté en
repoussant son assaillant, mais l'appelant lui a dit de se taire. Cela montre clairement que
l'appelant et le plaignant se trouvaient à proximité. Dans ces circonstances, il est impossible
que le plaignant ait pu confondre l'appelant avec une autre personne.
L'appelant a soulevé la question que l'appelant [sic] aurait appelé à l'aide, s’il était
effectivement en train de se faire sodomiser. Il se peut que cela soit vrai. Toutefois, le
plaignant a déclaré que quand il a essayé de donner l'alarme, l'appelant lui a dit de se taire. Il
a en outre expliqué qu'il ne pouvait pas crier parce que les prisonniers auraient pu croire que
c’était une tentative d'évasion de la prison ce qui aurait eu des conséquences désastreuses.
Ce sont des raisons plausibles. Je ne doute pas qu'elles représentent la vérité. En tout cas, le
plaignant a déclaré en contre-interrogatoire que cela faisait seulement 3 semaines qu’il était
dans l'institution. Cela pourrait bien expliquer sa naïveté. Le tribunal de première instance a
reconnu les circonstances dans lesquelles le requérant a été contraint de ne pas donner
l'alerte et à mon avis, à juste titre. Le tribunal de première instance a fait remarquer que cela
pourrait être expliqué en raison de la nature de détention préventive. Il aurait pu être
confondu avec un fugitif.
L'appelant a aussi soulevé la question d'un coup monté. Cependant, il n'y avait aucune
preuve d'un tel coup monté. Le plaignant n’avait aucune raison de porter une fausse plainte
contre l'appelant. De plus, l'appelant n'a pas non plus soulevé la question lors de son contreinterrogatoire du plaignant et du gardien de prison (PW2) ni dans sa défense. La question n'a
surgi que lorsqu’il a présenté ses observations devant ce tribunal. Pour moi, cela constitue
une réflexion après coup. En tout cas, je ne pense pas que l'appelant [sic] ait pu aller
jusqu’au point de se blesser l’anus simplement pour piéger l'appelant. L'appelant a aussi
soulevé la question de ne pas avoir reçu les déclarations faites par les témoins de
l'accusation. Le dossier montre que, de fait, il en a fait la demande. Cependant, l'appelant
n'a jamais donné suite à cette démarche. Au contraire, le dossier montre que l'appelant a
entraîné le tribunal dans un jeu de ping-pong, cherchant à ralentir le procès tant qu'il voulait.
Cette stratégie a forcé la cour à entamer le procès, nonobstant ses protestations. Quoiqu’il
en soit, l'appelant n'a jamais soulevé la question auprès du tribunal de première instance
une fois que le procès a commencé. Il a contre-interrogé les témoins appelés. Je ne pense
pas donc que le fait qu’il n’ait pas reçu les déclarations des témoins lui ait occasionné un
déni de justice. En ce qui concerne la plainte selon laquelle le tribunal de première instance
n'a pas correctement enregistré la procédure, il n'y a pas de preuves attestant une telle
allégation. En tout état de cause, l'appelant n'a pas souligné ce qui n'avait pas été
correctement enregistré. En ce qui concerne le fait que d'autres prisonniers n’aient pas été
appelés à témoigner, le témoignage de l'officier en charge de l’enquête dit que ces témoins
de la prison avaient été libérés au moment où l'affaire a été entendue. En tout état de cause,
s’ils n’avaient pas assisté à l'incident, à propos de quel sujet seraient-ils venus témoigner?
À mon avis, le dossier de l'accusation était clair. Il n’était pas douteux. La preuve a mis
l'appelant sur les lieux du crime et de la commission de celui-ci. Cet appel est donc dépourvu
de mérite et il est par conséquent rejeté dans son intégralité.