Selon l’enquête multisectorielle continue (EMC2) de 2014, le taux de chômage est estimé à 6,6% de la population active (main-d’œuvre) âgée de 15 ans et plus avec un taux de sous-emploi estimé à 64% dans le secteur agricole. Le taux de chômage est de 8,6% chez les jeunes de 15 à 24 ans avec un taux encore plus élevé chez les jeunes filles (30%). Quant au taux net d’activité, il se situe à 67,9% au plan national et à 69% et 64,8% respectivement en milieu rural et urbain. Cependant, on constate une proportion des jeunes actifs au chômage de 14,1%. En outre, selon les données du Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de 2006, le pays comptait 14 017 262 habitants dont 51,7% de femmes. La majorité des habitants réside en milieu rural (77%) et tirent leurs revenus de l’Agriculture. Cette population estimée à 19 034 397 habitants en 2016 (51,7% de femmes et 48,3% d’hommes) est caractérisée par sa jeunesse (47,3% ont moins de 15ans, 58,4% ont moins de 20 ans et 32,2% sont dans la tranche d’âge de 15 à 34 ans). Ce nombre de jeunes de 15 à 34 ans était estimé à environ 5 883 928 en 2014 et sera de 8 627 666 en 2023. Cette évolution constitue un atout pour le développement mais représente aussi de nombreux défis à relever en termes de fourniture de services de santé, d’éducation, de formation professionnelle et d’emplois. Les migrations (internes et externes) constituent un phénomène ancien au Burkina Faso avec des enjeux controversés. Les migrations burkinabè dans leur composante internationale, ont profondément marqué la démographie du pays avec le départ des jeunes valides (15-40 ans) vers l’extérieur. Malgré les multiples avantages de la migration internationale, force est de constater que l’apport de cette migration à l’économie nationale n’a pas été suffisamment robuste pour produire des résultats tangibles3. La situation sanitaire du Burkina Faso, malgré une amélioration certaine, reste caractérisée par des taux de mortalité générale et spécifique élevés. Les enquêtes font apparaître un taux brut de mortalité élevé au sein de la population de l’ordre de 11,8‰ en 2006. La mère et l’enfant constituent les groupes les plus vulnérables. En effet, le ratio de mortalité maternelle était de 484 pour 100 000 naissances vivantes en 1998 contre 307,3 pour 100 000 naissances vivantes en 2006. En dépit des performances économiques relativement bonnes avec un taux de croissance moyen de 5,4% entre 2007 et 20164, le Burkina Faso doit faire face aux défis du chômage des jeunes. Dans cette optique, il a été adopté des référentiels de politiques publiques, soulignant la nécessité d’accorder une attention soutenue à la protection sociale de la population. I.1.3 Contexte culturel et religieux Le Burkina Faso est un pays caractérisé par un pluralisme ethnique, avec plus de soixante (60) unités ethnolinguistiques répertoriées et regroupées dans plusieurs familles, d’où découle une diversité de pratiques et de formations socioculturelles qui ont forgé des traditions solides et établi des systèmes de rapports de genre variés. Ainsi, les lois et pratiques coutumières et religieuses telles que le lévirat, l’excision, le sororat, la polygamie, les mariages précoces et forcés demeurent encore les références pour la majorité de la population. Aussi, la modernisation amenuise certains éléments positifs de la tradition notamment la solidarité qu’il convient de promouvoir vigoureusement à partir du socle culturel. 2 Institut national de la statistique et de la démographie(INSD) 3 Stratégie nationale de migration 2016-2025 4 IAP, DGEP 9

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