Les états généraux ont constitué des moments forts au cours desquels toute la nation burkinabè a
marqué un arrêt sur les conditions de réhabilitation de la justice afin qu’elle redevienne le socle de la
démocratie et de l’Etat de droit. Les travaux des états généraux ont abouti à l’adoption du Pacte
national pour le renouveau de la justice dont la mise en œuvre a favorisé la déconnexion du pouvoir
judiciaire de l’exécutif à l’occasion de la révision constitutionnelle intervenue en 2015.
L’ensemble de ces actions traduisent un éveil de conscience de la population et des gouvernants sur
les enjeux liés au renforcement du fonctionnement de la justice, des droits humains et du civisme.
1.1.2 Analyse du contexte économique
Au niveau international, la période 2012-2016 a été marquée par un affaiblissement de la dynamique de
la croissance économique mondiale. En effet, après un taux de 5,1% en 2010 et 3,9% en 2011, la
croissance économique mondiale s’est située en moyenne à 3,1% sur la période 2012-20161.
En Afrique subsaharienne, la croissance a connu un rythme soutenu entre 2012 et 2015, en s’affichant
en moyenne à 4,4%. Toutefois, en 2016 la croissance économique de la zone s’est repliée, se situant à
1,4% en raison d’une croissance négative au Nigéria (-1,5%).
Dans la zone Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), les Etats membres ont
globalement enregistré des performances économiques satisfaisantes. En effet, le taux de croissance
moyen est de 6,6% au cours de la période 2012-2016. Cela serait imputable entre autres raisons au
rebond de l’économie ivoirienne, au dynamisme du secteur minier dans l’ensemble des pays et à
l’intensification des investissements dans les infrastructures socioéconomiques.
Au niveau national, sur la période 2012-2016, l’activité économique au Burkina Faso s’est déroulée
dans un climat assez difficile marqué par une succession de chocs internes et externes notamment, la
baisse du cours des matières premières (l’or et le coton), les effets de l’épizootie de la grippe aviaire,
les difficultés dans le secteur minier avec entre autres conséquences l’arrêt de la production de
manganèse, les crises socio-politiques et la montée de l’insécurité et de la menace terroriste.
En dépit des efforts consentis par les autorités pour améliorer le niveau de vie des ménages, le Burkina
Faso connaît encore l’un des taux de pauvreté les plus élevés au monde. Avec une économie fortement
dominée par l’agriculture et l’élevage qui emploient près de 80% de la population active, le Burkina
Faso a un revenu national brut par habitant estimé à 615 dollars US en 20152 et l’incidence de pauvreté
de la population est de 40,1%3. Selon le rapport sur l’Indice de Développement Humain (IDH) 2016 du
PNUD, le Burkina Faso est classé 185ème /188 avec une valeur de 0,402.
Cet état de pauvreté monétaire du pays a un impact négatif sur l’effectivité des droits humains et l’accès
à la justice à un double titre, d’une part, au niveau de l’Etat qui peine à consacrer au secteur de la
justice et des droits humains, des moyens financiers conséquents et d’autre part, du point de vue de la
1
Rapport Enquête multisectorielle continue (EMC) 2014 « Profil de pauvreté et d’inégalité », p. 28-29
2www.banquemondiale.org/fr/country/burkinafaso/overview,
3
consulté le 02 avril 2017.
Burkina Faso, INSD, Rapport sur les conditions de vie des ménages, 2014, p. 29.
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