Pour ce faire, l’intégration du genre à toute politique de développement est devenue une option
retenue dans tous les documents de politique cadre et de plans d’actions au Burkina Faso.
Ainsi, au Burkina Faso, plusieurs actes ont été posés aux niveaux institutionnel et opérationnel
pour la prise en compte de la dimension genre à tous les niveaux de la vie sociale, économique et
politique. On peut citer, entre autres, la création du Ministère de la Promotion de la Femme en
juin 1997, et de celui chargé de la Promotion des Droits Humains en 2002. Par ailleurs, un
manuel d’intégration du genre dans les politiques, programmes et projets de développement a été
élaboré en 2004 et sert de cadre pédagogique d’orientation au plan national. En outre, dans les
secteurs de base, on note un élan de prise en compte du genre dans les politiques sectorielles
d’une part, et la création de cellules et de points focaux genre d’autre part. Enfin, on relève des
tentatives d’élaboration de stratégies d’intégration du genre dans les projets, plans d’actions et
programmes même si, en fin de compte, ces stratégies comportent encore, pour l’essentiel, des
tendances de l’approche Intégration de la Femme au Développement (IFD).
En dépit de cette option nationale en faveur du genre et des efforts consentis, les inégalités et
disparités entre les hommes et femmes demeurent vivaces dans les sociétés burkinabè. Elles
s’expliquent en partie par les résistances au genre tant au niveau national que au niveau local, la
persistance du système patriarcal qui prône et assure la domination de l’homme sur la femme, la
difficile application des lois, les pesanteurs socioculturelles encore tenaces qui entraînent souvent
la faible participation, voire la marginalisation des femmes, à la vie économique et publique, etc.
Enfin, la diversité relevée dans la compréhension et l’interprétation du concept genre lors des
ateliers diagnostics rend difficile son appropriation, et surtout son opérationnalisation, par les
acteurs. L’absence d’orientations et de directives claires en matière d’intégration du genre dans les
politiques et programmes de développement a renforcé cet état de choses.
Au Burkina Faso, comme partout ailleurs, il est admis que les inégalités entre les sexes, qui sont à
la fois un problème économique et social, constituent des obstacles majeurs au développement et
à la réduction de la pauvreté. Eliminer le grand écart qui existe entre les sexes dans le processus
de développement est une exigence pour atteindre la croissance économique durable, la réduction
de la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Dans cette perspective, le CSLP fait de la prise en compte de la dimension genre son cinquième
principe directeur et recommande par ailleurs « d’élaborer une stratégie nationale consensuelle en
la matière ».
Le Document de la Politique Nationale Genre, élaboré dans une perspective de long terme,
répond donc à cette recommandation. Il entend relever des défis majeurs tels que :
- la transformation qualitative de la société burkinabé en vue de lever les obstacles socio
culturels et économiques pour un développement équitable et durable ;
- l’élimination des inégalités entre les hommes et les femmes dans tous les domaines ;
- le renforcement des capacités et compétences des communautés et des acteurs du
développement en matière de genre dans la perspective de la réduction de la pauvreté ;
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