pouvant découler pointent tous vers le fait que l'accusé l’ait violée, mise enceinte et transmis le VIH. En racontant à sa mère que le mari l'avait violée, elle risquait l’éloignement de sa mère et de l'accusé. Il doit y avoir une raison expliquant pourquoi elle aurait porté une accusation si audacieuse et risquée. En l'absence de tout autre motif et vu la force de son témoignage, je crois que c’est la vérité qui l'a motivée à se manifester. La question a d'abord été signalée aux autorités du Conseil Local qui n’ont pris aucune mesure. L'accusé lui-même l’admet. La victime a ensuite été mise en contact avec Mifumi qui l’a finalement aidé à porter l'affaire à la police. Cette persistance à vouloir obtenir justice, à mon avis, a été motivée par le désir d'obtenir justice. Le témoignage de la mère était peu clair. J’ai essayé d'entrer dans son esprit et d'établir ce qu’il s’y passait. Voilà peut-être ce qui se passe dans son esprit. Voici sa fille portant l'enfant de son mari. Sa fille est maintenant sa co-épouse. Son petit-fils est son beau-fils. Son mari est aussi son gendre. Le même home, qui avait eu des rapports sexuels avec elle, a également eu des rapports sexuels avec sa fille. Elle et sa fille ont vu la nudité du même homme! Aussi bien son mari que sa fille sont séropositifs. Qu'en est il pour elle-même? Qu'en est-il pour l'enfant? Sont-ils séropositifs aussi? Je pense que le témoin a eu raison d’affirmer qu'elle était confuse au cours du contre-interrogatoire. Elle a été aux prises avec des problèmes majeurs dans sa vie et elle a des raisons d'être extrêmement confuse. S’attendre à ce qu'elle vienne à la Cour, face à son mari, son gendre et traître en présence de sa fille avec qui il avait eu des rapports sexuels et s'attendre à ce qu’elle maintienne un visage impassible et reste calme serait trop demander. Pourtant, elle est venue et a témoigné sur les éléments essentiels. Elle a déclaré que sa fille, la victime, l'a informée à propos de l’abus et elle l'a signalé aux autorités. L'accusé a insisté sur les dysfonctionnements de la famille et a sous-entendu que la motivation de cette affaire est la parcelle de terrain dont il est co-propriétaire avec la mère de la victime. J’ai dit que je crois au témoignage de la victime et donc je crois qu'il y avait une querelle à propos du terrain comme l’ont déclaré la victime et l'accusé. Quoiqu' il en soit, l’existence d'une querelle foncière ne nie pas l'infraction dont l’accusé est accusé. La querelle foncière coexistait avec l’abus. En fait, le dysfonctionnement de la famille et de la querelle foncière constitue une recette fertile pour la perpétration du crime contre la victime. Je trouve que la poursuite a prouvé son cas conformément à la loi et je condamne l’accusé en conséquence. FAIT à Tororo ce 26 août 2011

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