Dans cette affaire, nous avons le témoignage de la mère de la victime (PW2), puis
celui de PW4, qui en premier a répondu à l'alerte donnée par PW3 et celui de PW5,
le Président du Conseil Local de la Région. Tous affirment avoir examiné les parties
intimes de la victime et avoir vu du sang couler de là. Ceci est arrivé après que PW3
ait découvert l'accusé en train d’abuser de la victime et l’avoir vu mettre son pénis
dans le vagin de la victime. L'enfant était un bébé de deux ans et demi. Elle ne
pouvait pas témoigner bien qu’elle avait environ 5 ans au moment où l'affaire a été
entendue. Aucune personne raisonnable ne s’attendrait à ce qu’elle se souvienne de
ce qui lui était arrivé quand elle ne avait que deux ans et demi.
L'incapacité de la victime à témoigner n’annihile pas nécessairement la thèse de
l’accusation, s’il existe d'autres preuves convaincantes impliquant l'accusé. (Voir
l’affaire PATRICK AKOL c. OUGANDA S.C.U. APPEL EN MAT. CRIM. 23/92).
En l'espèce, il y a le témoignage de PW3 qui a trouvé l'accusé en train d’abuser de la
victime et le sang trouvé par PW2, PW4 et PW5 dans ses parties intimes, doit avoir
été dû aux blessures subies pendant la souillure.
J’ai estimé que tous les témoins de l'accusation étaient honnêtes et fiables. Ils m’ont
donné l’impression d’être des gens qui disent la vérité. J’estime donc que leur
témoignage est correct et qu'ils ont trouvé du sang dans les parties intimes de la
victime causé par le pénis de l'accusé lorsqu’il l’a inséré dans les parties intimes du
bébé. En conséquence, je suis d'accord avec les avocats des deux partis qui ont
estimé que l’accusation a prouvé l'élément sexuel au-delà de tout doute raisonnable.
J’en viens maintenant au troisième et dernier élément de l'infraction. La participation
présumée de l'accusé dans le crime. L'accusation a appelé un total de cinq témoins.
Parmi ceux-ci, PW3 a dit à la Cour qu'elle avait vu l'accusé abuser de la victime. Elle
a dit à la Cour que le jour des faits, elle était chez PW2. Qu'à 12h30, elle était dans la
cuisine. Elle était avec la victime et une certaine Kemirembe Aisha. Qu'à ce moment,
la victime s’était endormie et elle a été emmenée à l’intérieur de la maison pour
dormir. Elle a été placée sur une chaise, dans le salon. Puis elle est retournée à la
cuisine. Après un certain temps, elle a entendu l'enfant pleurer. Elle est allée pour
savoir quel était le problème. Elle y a trouvé l'accusé au-dessus de la victime en train
d’avoir des rapports sexuels avec elle. Elle dit avoir vu le pénis à travers son
pantalon délié/ouvert et il l’avait inséré dans le vagin de la victime. Que la victime
n’avait pas de culotte sur elle à ce moment là.
Elle affirme que lorsque l'accusé l’a vue, il s’est détaché de la victime et est allé vers
une autre chaise. Puis elle est sortie et a appelé PW4 et lui a raconté ce qu'elle avait
vu et PW4 qui a également informé PW5, le Président du Conseil Local de la Région
qui a arrêté l'accusé après qu'il ait rassemblé ses biens et s’était enfui de leur
maison. Elle a également informé PW2 lorsque celle-ci est revenue de la Mosquée.
Selon PW4, elle était en train d’aller récolter de la banane lorsqu’elle a vu arriver
PW3 en courant qui lui a dit que l'accusé avait abusé de la victime. Elle s’est
précipitée et a trouvé la victime avec de la bave à la bouche et a vu du sang couler
de ses parties intimes. L'accusé se trouvait encore dans la maison et lorsqu’ elle lui a