PARTIE I : ANALYSE DE LA SITUATION DU SECTEUR
Le contexte dans lequel évolue le secteur TEPS sera analysé sous l’angle politique, socioéconomique
et culturel, organisationnel, institutionnel et juridique et des acteurs et leurs rôles.
I.1.Contexte politique, socio-économique et culturel
I.1.1.Contexte politique
Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Burkina Faso s’est engagé dans la construction
d’une société démocratique pour un développement durable à travers la mise en place d’institutions
démocratiques et l’adoption de mesures politiques pour l’épanouissement de la population.
Cependant, le pays a connu une série de crises sociopolitiques (le Soulèvement Populaire du 03
janvier 1966, l’avènement de la révolution démocratique et populaire du 04 août 1983 et du Front
populaire du 15 octobre 1987, etc.) dues entre autres au déficit de justice sociale, de démocratie et à
l’échec des politiques de développement économique et social antérieures ayant affecté notamment
le monde du travail.
Le Programme d’ajustement structurel (PAS), mis en œuvre dans les années 90, a eu pour
conséquences les privatisations et la fermeture de certaines entreprises, la compression, la réduction
du recrutement dans la Fonction publique, etc.
Depuis l’adoption de la Constitution le 11 juin 1991 qui consacre la quatrième République avec un
régime constitutionnel qui comprend trois pouvoirs distincts que sont : l’Exécutif, le Législatif et le
Judiciaire, les autorités du pays se sont toujours engagées dans la construction d’une société
démocratique pour un développement durable. Cette volonté politique s’est traduite par la mise en
place d’institutions démocratiques et l’adoption de mesures et de politiques sectorielles en vue de
créer les conditions nécessaires à l’épanouissement et au bien-être de l’ensemble de la population
burkinabè. Ces mesures ont concerné entre autres la consolidation de l’activité des partis politiques,
la liberté d’association, d’expression et d’opinion, la paix et la stabilité sociales et politiques, la
dynamisation du travail parlementaire, la promotion de la presse, du genre, du dialogue social, de la
décentralisation et de la réforme du système judiciaire.
Malgré l’adoption et la mise en œuvre des mesures politiques visant à consolider la démocratie et à
renforcer la construction de l’Etat de droit, le Burkina Faso a connu en 2011 une série de crises
sociopolitiques qui se sont manifestées par des contestations dans les milieux scolaire et estudiantin,
syndical, militaire et paramilitaire, etc. Ces mouvements ont conduit à l’insurrection populaire
d’octobre 2014, la Transition politique en 2015, le retour à la stabilité politique en 2016 à travers
l’élection d’un président démocratiquement élu et l’adoption d’un nouveau référentiel de
développement dénommé Plan national de développement économique et social (PNDES).
I.1.2.Contexte socio-économique
Le Burkina Faso connaît une croissance économique erratique depuis 1960, conséquence d’une série
de chocs exogènes négatifs (crises économiques internationales, le Programme d’ajustement
structurel etc.). Ces chocs ont été de nature à annihiler les efforts de l’objectif visé d’une croissance
soutenue et durable. Cette fluctuation de l'activité économique, en conjonction avec une forte
croissance démographique (3,1% par an), n'a pas permis d'enregistrer un véritable progrès en termes
de développement économique et social. Cette situation est la conséquence de la persistance de la
pauvreté dont l'incidence se situait à 40,1% en 2014.
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