ANALYSE DE LA SITUATION DU SECTEUR
1.1
Analyse du contexte politique, économique et socio-culturel
1.1.1 Analyse du contexte politique
Au plan international, les crises socio-politiques et les conflits de divers ordres occasionnant des
violations graves des droits humains ont mis à rude épreuve la paix et la sécurité internationales. Les
conséquences de ces crises ont été durement ressenties dans certains pays notamment à travers une
remise en cause du système de gouvernance politique ayant entraîné par moment des changements de
régimes, des atteintes graves aux droits humains et une montée de l’insécurité, de l’intégrisme religieux
et du terrorisme.
Cette situation a placé la protection des droits humains et le renforcement de la justice au cœur des
préoccupations de la communauté internationale. Les nombreuses résolutions adoptées, tant au sein
du Conseil des droits de l’homme que du Conseil de Sécurité des Nations Unies, relativement à la
protection des droits humains et au rétablissement de la paix dans les pays en crise en attestent
suffisamment.
Au niveau national, les remous sociopolitiques se sont caractérisés par la crise socio-politique de 2011,
l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et par la résistance populaire au putsch de septembre
2015. Ces remous traduisaient les attentes des populations burkinabè à une meilleure gouvernance
politique et administrative, à un meilleur fonctionnement de la justice, à une effectivité des droits
humains et à une amélioration des conditions de vie.
Ces crises ont mis en évidence des faiblesses dans le domaine de la justice. En effet, celle-ci est
souvent décriée par les justiciables qui la soupçonnent de partialité en dépit du principe constitutionnel
qui consacre l’égalité des citoyens burkinabè devant la loi. En outre, les justiciables invoquent le cas de
certains dossiers de crimes de sang, de crimes économiques et financiers, qui sont restés longtemps
sans suite judiciaire.
Pour y faire face, les pouvoirs publics ont engagé un dialogue avec les différents acteurs politiques et
sociaux. Ce dialogue a entraîné des réformes qui ont touché la Constitution, la vie des partis politiques,
l’organisation des élections, la mise en place de nouvelles institutions, etc.
Par ailleurs, au regard de la montée des actes de violences et d’incivisme constatés notamment depuis
la crise socio-politique de 2011 et de leurs conséquences sur les droits humains, les biens publics et la
quiétude des citoyens, le Gouvernement a organisé en mai 2013 un forum national sur le civisme dont
certaines recommandations engagent l’ensemble des acteurs en faveur de la préservation de la
cohésion nationale.
En dépit de ces différentes initiatives, l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 a encore relevé
un déphasage pertinent entre les résolutions prises et les actions entreprises. C’est tenant compte de
ces préoccupations que le Gouvernement de la Transition a pris l’initiative d’organiser des états
généraux sur la justice.
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