La répartition traditionnelle des rôles dévolus aux hommes et aux femmes est à l’origine, voire
constitue l’une des causes majeures de l’inégalité d’accès des hommes et des femmes aux
ressources et à leur contrôle, et au comportement différencié des genres dans l’activité de
production.
Les systèmes de production sont dominés et dictés, dans la plupart des sociétés burkinabé, par un
système patriarcal prédominant, où les femmes et les enfants sont simplement considérés comme
des actifs productifs, ou simplement une main d’œuvre non payée qui ne participe pas aux prises
de décision.
De façon générale, les femmes, qui assurent plus de 75% de la production de subsistance, ont
paradoxalement un faible accès aux moyens de production, au capital humain et aux services
financiers et de vulgarisation.
En particulier, l’insécurité foncière, ainsi que le faible accès aux équipements, aux intrants
agricoles, aux technologies, et aux crédits constatés chez la femme et, à un moindre degré chez
l’homme, constituent une contrainte majeure à la productivité, notamment celle des femmes.
C’est ainsi, par exemple, que 96 % des ménages dirigés par une femme et pratiquant les cultures
maraîchères, utilisent des équipements traditionnels, houes, dabas…, alors que 21,5 % des
ménages dirigés par un homme pratiquant la même spéculation, utilisent des charrues.
La question d’accès aux crédits, avec les conditionnalités que cela exige, est surtout en défaveur
des femmes et des enfants (garçons comme filles) par le fait que ces derniers ont toujours du mal
à trouver des hypothèques pour garantir lesdits crédits.
La redistribution des revenus ou des produits issus du secteur de la production se fait le plus
souvent en défaveur des femmes et des enfants (garçons et filles) les rendant plus vulnérables à
l’incidence de la pauvreté et, du même coup, constitue le principal frein à l’autonomisation des
femmes (3ième OMD).
1.3.3. AU NIVEAU DES SECTEURS DE SOUTIEN A LA PRODUCTION
Pour l’ensemble des sous-secteurs du secteur de soutien à la production, qui comprend le
commerce, le transport, la communication, et l’énergie, etc., les inégalités et disparités de genres
sont monnaie courante, et justifient, avec d’autres facteurs, la faiblesse structurelle de l’économie
et la féminisation de la pauvreté.
Ainsi, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, la décision des femmes d’exercer une activité
dans lesdits secteurs doit requérir, dans la plupart des cas, l’accord préalable de l��époux. A cela
s’ajoute une faible représentation des femmes dans les organisations socio professionnelles du
secteur. La conséquence est la prise en compte insuffisante des spécificités de genre dans les
politiques et programmes de développement du secteur, le faible accès des hommes et des
femmes aux infrastructures et autres intrants de base qui assurent la promotion de leurs activités
dans les sous secteurs.
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