Dans le domaine du commerce, les activités commerciales des femmes se limitent, pour la plupart, à de petits commerces peu rentables, tandis que les hommes se trouvent dans des activités commerciales plus importantes, plus structurées et plus rémunératrices. En matière de transport, les hommes disposent plus de moyens de transport individuels que les femmes, alors qu’elles assurent l’essentiel du transport de la production agro sylvo pastorale sur de longues distances et très souvent à pied. En outre, le transport occupe plus le temps des femmes et des filles et fragilise leur santé. Dans le domaine de la communication, en milieu rural, les femmes sont mises à l’écart des institutions traditionnelles appelées « arbre à palabre » et l’information stratégique reste dans le cercle des hommes. On constate également des inégalités au niveau de l’accès même aux supports et aux contenus médiatiques, aux récepteurs d’information (radio et télévision), et aux métiers de la communication. Il existe également des disparités flagrantes entre les hommes et les femmes au niveau de l’accès et du contrôle des technologies de l’information et de la communication (TIC), caractérisées par une faible présence des femmes dans les métiers des technologies de l’information et de la communication. La fracture numérique de genre est plus criarde en milieu rural qu’en milieu urbain : ce qui constitue un facteur limitant aux possibilités de promotion des activités des femmes. Toujours dans le domaine de la communication et de l’information, la mauvaise représentation des genres, et surtout l’image sexiste de la femme dans les médias, pourrait contribuer durablement à maintenir les rapports inégalitaires de genre à tous les niveaux. Le faible accès à l’énergie est problématique autant pour les hommes que pour les femmes, mais les femmes sont plus visées et plus touchées par la précarité et l’inaccessibilité des sources d’énergie. Le temps et la force physique consacrés par les femmes à cette denrée est énorme. Il s’agit là d’un facteur qui réduit énormément le temps de travail consacré par les femmes aux activités de production et de renforcement des capacités. 1.3.4. AU NIVEAU DES SECTEURS D’APPUI INSTITUTIONNEL Au Burkina Faso, comme partout ailleurs, les institutions intègrent et appliquent, de différentes manières, les normes et les règles qui régissent les sociétés dans lesquelles elles évoluent ou qu’elles pensent contrôler. Ainsi, les rapports de genre au sein des institutions tendent à entretenir ou à reproduire les inégalités et les disparités sexo-spécifiques qui existent dans leur contexte et environnement socio culturel et politique. L’analyse de la gouvernance, de la justice, et du cadre institutionnel de pilotage des politiques et programmes de développement, laisse apparaître des inégalités de genre et des insuffisances notoires dans la prise en compte de la dimension genre dans tous les domaines de la vie. 1.3.4.1. Dans le domaine de la gouvernance Un des grands principes sur lequel repose la Bonne Gouvernance est la participation des femmes et des hommes, sur le même pied d’égalité, à la prise de décision, soit directement, soit par le biais d’institutions légitimes et reconnues qui défendent leurs intérêts : ce qui implique la liberté d’opinion, de parole et d’association. 18

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