que, dans tous les cas d'homicides, sauf lorsque les circonstances la rendent
excusable, la mort est présumée être illégale. Sur ce point, l’accusation s’est basée
sur le témoignage de PW.1 qui a révélé la nature des blessures subies par la
défunte, et la cause et les raisons de la mort pour prouver que la mort de Khanakwa
Florence était illégale. Je suis d'accord avec l'accusation sur le fait que cet élément a
été prouvé au-delà de tout doute raisonnable.
(iii) Est-ce que l'accusé a participé à l'assassinat
Dans son plaidoyer, Mr Nabende, pour la défense, a affirmé que l’accusation n'était
pas parvenue à relier l'accusé à cette infraction. Selon lui, le témoignage de PW.2
devrait être discrédité parce que le témoin n'a pas dit que le défunt avait causé du
désordre. Le témoin ne pouvait pas voir le couteau souillé de sang vu qu'elle se
trouvait à 100 mètres du lieu du crime. L’avocat a affirmé que, bien que l'accusé est
supposé avoir tenu un couteau, il n'a pas été révélé s’il l'avait utilisé. En outre, le
témoin n'a pas vu l'accusé utiliser le couteau. Selon la défense, le témoignage de
PW.3 se contredisait à propos du moment de l'infraction. Le témoin a dit avoir
rencontré l'accusé à 16h30 et pourtant, il a entendu un cri d’alarme à 17h00. PW.3
tremblait et frissonnait ce qui peut suggérer qu’il mentait. PW.3 étant un agent de
police, il aurait dû arrêter l'accusé quand il l'a rencontré sur le chemin et que ce
dernier a révélé qu'il avait tué sa femme. Pour la défense, le témoignage de PW.4 ne
devrait pas être admis parce qu'il n'a pas fait de deposition. En outre, le couteau
utilisé pour tuer la victime n'a pas été présenté comme élément de preuve. Il n’a pas
été prouvé que le sang provenait d'un être humain.
L’avocat de la défense a fait valoir que la défense d'alibi de l'accusé n'avait pas été
réfutée. L'accusé se trouvait chez lui au moment des faits. Cet alibi est confirmé par
DW.2 et DW.3, les fils de l'accusé. Enfin, Mr Nabende fait valoir qu'il n'a pas été
prouvé que l'accusé avait tué la victime.
D’autre part, l’accusation a fait valoir qu'elle avait prouvé tous les éléments
d'assassinat contre l'accusé en se basant sur les éléments de preuve qu’elle a
présentés.
Le dossier de l'accusation s’est essentiellement appuyé sur des preuves indirectes
pour essayer de connecter l'accusé à cette infraction. La preuve circonstancielle doit
toujours être étroitement examinée parce que ce type de preuve peut être fabriqué
afin de jeter la suspicion sur quelqu’un d’autre. Avant de déclarer l'accusé coupable
sur base de preuves circonstancielles, il est également nécessaire d’être sûr qu'il
n'existe pas d'autres circonstances pouvant affaiblir ou détruire la déduction ; voir
Lord Normand dans l’affaire Teper c. R. 1952 AC 480 à P.489. Le témoignage de
PW.2 produit par l’accusation dit que, le 14/08/09, cette dernière est sortie de chez
elle pour aller chercher du maïs sec pour allumer son feu. Elle a vu l'accusé qu'elle a
décrit comme étant son beau-frère, debout sur le bord de la route. Près de lui se
trouvait le corps de la défunte. Elle a vu que l'accusé tenait un couteau taché de
sang. Le corps du défunt avait une plaie de couteau sur la côte gauche en dessous
de la poitrine. L'accusé était le seul sur les lieux et lorsque PW.2 lui a demandé
pourquoi il avait tué la victime, l'accusé a répondu que c’était à cause de ses vaches.