(3) Est-ce que l'accusé a participé à l'infraction?
PW.1 affirmé dans son témoignage sans serment que le 11.08.2009, l'accusé a attiré
la victime dans un jardin de maïs avec du jus et des biscuits. Sur place, l'accusé l’a
soulevée, l’a jetée par terre et a eu des rapports sexuels avec elle. Lors de son
témoignage, PW.1 avait l’air emphatique et a démontré avec des gestes ce qui lui
était arrivé. Selon elle, après l'acte, l'accusé a essayé de lui donner de l'argent mais
elle l’a rejeté. Elle a essayé de faire du bruit, mais l'accusé l'en a empêchée. PW.1,
en pleurs, a couru immédiatement vers Wandera. Elle s’est agenouillée devant
Wandera et lui a dit qu'un homme avait abusé d’elle. Elle savait qui l'homme était et
pouvait l’identifier. En compagnie de PW.3, Mustafa Issa, et Kawo Fred, PW.1 les a
conduits sur les lieux. En chemin, ils ont rencontré l'accusé qui a été identifié par
PW.1. En voyant PW.1 avec PW.2 et PW.3, il a essayé de s’enfuir mais il a été
arrêté.
Tous les témoins de l'accusation connaissaient très bien l'accusé. L'infraction a eu
lieu en plein jour, ne laissant place à aucune possibilité d’erreur d'identité. PW.1 a dit
que l'accusé était un voisin. PW.2 connaissait l'accusé d’avant. PW.3 connaissait
l'accusé d’avant parce qu'il lui avait loué terrain sur lequel il faisait pousser du riz.
Lorsque PW.3 a demandé à l'accusé pourquoi il avait commis l'infraction, il a dit qu'il
ne savait pas pourquoi.
Il est bien établi en droit qu’en matière d’infractions sexuelles, le témoignage d'une
jeune victime donnée sans serment doit être reçu avec prudence. Il doit être étayé.
Cette prudence a été communiquée aux assesseurs et cette Cour va se mettre en
garde contre les dangers de se fier à de telles preuves lorsque celles-ci ne sont pas
corroborées. Je suis convaincu que le témoignage de PW.1 a été suffisamment
étayé.
Bien que l'état de détresse de la plaignante peut être considéré comme étant
seulement une preuve de cohérence de la part de la plaignante, tout dépend des
circonstances d'un cas donné. Une condamnation peut finalement être fondée si la
Cour est convaincue que la victime a correctement identifié le profanateur. Je suis
convaincu que l'accusé a été suffisamment identifié et placé sur les lieux du crime.
Je ne peux pas conclure que cette affaire est un coup-monté et que les éléments de
preuve présentés par l’accusation étaient exagérés comme il a été dit par la défense.
Je n’ai trouvé aucun élément suggérant que l'accusé était victime d’un coup-monté
en raison d'un litige foncier. Je ne crois pas qu'il existait une rancune entre l’accusé
et les témoins appelés par l’accusation. Les témoins de l'accusation étaient sincères
et ont livré une histoire cohérente.
Je suis convaincu au-delà de tout doute raisonnable que l'accusé a commis cette
infraction.
Madame et monsieur les assesseurs, d’avis unanime, ont estimé que l’accusation
avait présenté suffisamment d’éléments de preuve établissant l'infraction contre la
personne accusée. Ils ont conseillé de déclarer l’accusé coupable et de le
condamner comme inculpé.