1.14
Instabilité sociale, économique, politique et institutionnelle
Les remous socio-politiques marqués par l’incivisme et le climat de méfiance vis-à-vis de l’autorité
publique, les crises économiques et les mutations institutionnelles au sein de chaque département sont
des risques potentiels qui pourraient compromettre la mise en œuvre des politiques sectorielles.
En effet, le Burkina Faso a connu ces dernières années de nombreuses crises socio-politiques qui ont
montré la fragilité des institutions étatiques et mis en mal la cohésion sociale ralentissant ainsi la mise
en œuvre des actions de développement.
Aussi, des efforts doivent-ils être fournis dans la communication, la promotion de la démocratie, de la
cohésion sociale et de la paix.
1.15
Menaces terroristes et recrudescence de la délinquance
La lutte contre le terrorisme et le respect des droits fondamentaux sont parfois inconciliables. Les
menaces terroristes constituent des violations graves des droits humains.
La lutte contre le terrorisme se rattachant à la notion de sécurité nationale, implique des restrictions aux
libertés fondamentales, admises par les textes internationaux de protection des droits. Elle laisse aux
États une large marge d'appréciation et les autorise même, exceptionnellement, à déroger en cas d'état
d'urgence aux droits fondamentaux. Elle entraine ainsi un durcissement de la loi. En effet, la loi anti
terrorisme renforce la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement en donnant aux
services d’enquêtes les moyens juridiques leur permettant d'appliquer la plus grande fermeté à l'égard
des personnes en lien avec des réseaux terroristes.
Par ailleurs, la recrudescence de la délinquance et la montée de l’insécurité qui entraine un
accroissement du nombre de détenus rendent difficiles les actions du gouvernement dans le domaine
de l’humanisation des conditions de détention et de la réinsertion sociale.
En vue de contribuer à la minimisation de ce risque, un accent particulier sera accordé au renforcement
des actions de prévention de la délinquance, d’intégration de l’approche basée sur les droits humains
(ABDH) dans les actions de développement à tous les niveaux et de sensibilisation de la population sur
les droits humains et les valeurs de tolérance.
De même, la réponse judiciaire à la menace terroriste doit prendre en compte les impératifs de célérité,
de professionnalisation, de stricte application de la loi et de contrôle judiciaire des dérogations des
droits humains prévues par les textes juridiques.
1.16
Le non-respect de l’éthique et de la déontologie par les acteurs
La déontologie et l’éthique sont considérées comme des obligations morales et professionnelles qui
régissent une profession et règlementent l’exercice de celle-ci. Elles occupent un rôle important dans la
garantie de l’indépendance de la justice. Il s’agit pour les acteurs de respecter les exigences du devoir
professionnel. Cependant, certains acteurs du secteur ne respectent pas toujours leurs obligations de
réserve et du secret professionnel telles que prévues par les textes qui leur sont applicables. Aussi, les
acteurs du secteur se doivent d’être intègres pour se conformer à l’honneur de leur profession. Le nonrespect de la déontologie et des règles d’éthique par les acteurs ne permet pas de légitimer l’office du
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