Le renforcement du système scolaire sous-entend la création des conditions nécessaires pour
rendre effective la parité des sexes dans l’accès à l’éducation et combler le grand retard pris par les
femmes dans le système éducatif formel et non formel. La stratégie de mise en œuvre passera par
l’accroissement de l’offre éducative (infrastructures et équipements adéquats) dans tous les
milieux et la mobilisation sociale de la communauté (populations, projets, ONG, Etat,
collectivités locales, privé, PTF, etc.) autour des services sociaux de base.
Dans le système sanitaire, une attention particulière sera accordée à la question de la prise en
charge de la santé des personnes en situation de grande vulnérabilité sera traitée. Une bonne santé
des femmes et des hommes pour une participation de tous aux actions de développement sera
particulièrement recherchée. En outre, il s’agira de réduire les distances des centres sanitaires,
renforcer les efforts consentis par l’Etat avec l’appui de la société civile et de la communauté
internationale, en instituant des cadres favorables et des dispositifs de surveillance de l’offre de
services sociaux sensibles au genre.
Objectif 2 : Contribuer à l’élimination dans toutes les régions du Burkina Faso, des
pesanteurs socioculturelles liées à l’éducation des filles et des garçons, des
femmes et des hommes et à l’utilisation des services de santé et
d’approvisionnement en eau potable par les uns ou les autres.
Il s’agira, dans cet objectif, de vaincre les résistances culturelles à la scolarisation et à
l’alphabétisation, basées sur le sexe, et de rendre effectives l’égalité et l’équité de genre dans
l’enseignement formel et non formel. De même, en matière de santé, il importe de travailler à
éliminer certains tabous persistants et à promouvoir la liberté de fréquentation des services de
santé par les femmes. En outre, l’égalité en matière de sexualité doit être promue à travers les
programmes de Santé de la Reproduction et de lutte contre le SIDA. Dans le secteur de
l’approvisionnement en eau potable, il s’agira d’accroître la participation des femmes à la gestion
des points d’approvisionnement en eau potable.
Les disparités et les inégalités de genre dans l’accès et la jouissance des services sociaux sont dues
en partie à nos perceptions, valeurs et normes sociales qui voient l’éducation, ou même la santé,
comme des vecteurs de déstabilisation de l’ordre, voire de négation des règles séculaires établies
dans les traditions. Ces perceptions demeurent fortement influencées par la culture du patriarcat
qui donne la primauté à l’homme. La réticence, l’insouciance, le refus ou la résistance à la
scolarisation, notamment celle des filles, à l’accès aux soins de santé, particulièrement pour les
femmes mariées, persistent quelques fois pour des raisons de pratiques coutumières, de préjugés
ou de traditions confessionnelles.
C’est pourquoi, tout moyen d’éradication des pesanteurs socioculturelles dans les secteurs sociaux
doit se bâtir sur les réalités locales et sur des réponses endogènes portées par les communautés.
Pour ce faire, la stratégie consistera à développer des dispositions supplémentaires d’encadrement
et des approches novatrices vis-à-vis de l’école, la santé et l’approvisionnement en eau potable,
qui engagent et responsabilisent davantage la communauté, et en particuliers les leaders
d’opinions. Il s’agira aussi de définir une méthodologie de leur mise en œuvre tout en s’appuyant
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