hommes et les femmes qui ont l'intention de se marier étaient obligés de contracter un mariage
coutumier. Le mariage coutumier est l'un des types de mariages reconnus dans ce pays.
Le grief soulevé par les petititionnaires est que la pratique culturelle selon laquelle les parents de
la mariée exigent le paiement du prix de la fiancée de la part du beau-fils potentiel, interfère avec
le libre consentement des parties qui ont l'intention de se marier. Je ne suis pas d'accord. Lorsque
les parties choisissent le type de mariage qu‟elles veulent contracter, ils ne peuvent pas être dits
qu‟elles n‟ont pas librement consenti à se marier. Chaque type de mariage en Ouganda a ses
exigences juridiques ou culturelles. Si une personne choisit de contracter un mariage coutumier,
elle est tenue d'observer les coutumes et les rites de la communauté dans laquelle il ou elle a
l'intention de se marier.
Il y avait d'autres allégations selon lesquelles les parents ont retiré leurs filles de l'école pour les
marier et percevoir le prix de la fiancée. Un exemple en est l'affidavit de Awor Deborah. Dans
son affidavit, elle a déclaré que sa fille qui était sur le point d'assoir son examen de fin de
primaire a disparu de la maison à son insu. Plus tard, son mari lui a dit qu'il l‟avait recherchée et
l'avait trouvée à un certain endroit où ils lui ont donné 95.000 Ug Shs ainsi que trois vaches et
trois chèvres. Le mari lui a dit plus tard que la jeune fille avait été mariée. L'affaire a été signalée
aux autorités et les efforts pour entamer des poursuites contre lui se sont avérés futiles. Je
considère que cette affaire est une de celles dans lesquelles les parents ont négligé leurs devoirs
parentaux et pour lesquelles l‟appareil pour faire respecter la loi s‟est révélé faible. L‟Article 34
de la Constitution énonce le droit des enfants et la responsabilité des parents en particulier en
matière d‟enseignement. L‟appareil étatique aurait dû tendre vers la traduction du coupable en
justice. Mais je ne pense pas que de tels actes sont causés par la pratique coutumière du « prix de
la mariée ». Ils trouvent leur origine dans la cupidité.
Les pétitionnaires ont allégué que le paiement du prix de la mariée est la cause de la violence
domestique contre les femmes. Les actes de violence sont de nature criminelle et des sanctions
sont prévues pour leurs auteurs en vertu de la Loi sur le Code pénal. Cependant, il n'y a aucune
preuve scientifique ou empirique ayant été présentée par les pétitionnaires tendant à prouver le
lien entre le paiement du « prix de la fiancée » et la violence domestique contre les femmes. En
outre, la violence concernant les femmes et les hommes qui sont en couple est un phénomène
mondial, et le mouvement pour lutter contre la violence domestique a commencé dans des pays
où le terme « prix de la fiancée » ne fait pas partie du vocabulaire.
Toute tentative d'abolir une pratique culturelle dans une communauté donnée doit prendre en
compte le rôle qui est joué par les femmes elles-mêmes dans la formation de la pratique
culturelle en question. Dans le cas du paiement du « prix de la fiancée », je doute que la la
pratique que les pétitionnaires ont tenté de dépeindre déplaise à la majorité des femmes. Le
mariage coutumier et les pratiques qui l‟accompagnent sont protégés par la Constitution et il
serait injuste d‟imposer une déclaration constitutionnelle interdisant le mariage et ses pratiques
dans l'ensemble sans que les communautés concernées n‟aient eu l'occasion d'être entendues. Le
contenu des affidavits de Mr Kakuru et le Dr Mpairwe qui ont été deposés pour la défense de la
culture Banyankore n‟ont pas été réfutés.
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