Nous souhaitons maintenant examiner l'appel du 1er appelant. Selon la présentation
de Mlle Ngalyuka, l’appel devrait être rejeté parce que le 1er appelant a été identifié
par la fille de PW1, qui a donné à la police une description physique du 1er appelant.
PW2 a désigné le 1er appelant lors d’une séance d'identification. L'appelant a estimé
que sa condamnation avait été imprudente parce que le juge de première instance
s’était appuyé sur la déposition d'un seul témoin d’identification. Nous avons
attentivement examiné les témoignages de PW1 et PW2. Selon le témoignage de
JWM (PW1), le 6/6/2007 à minuit, quelqu’un a frappé à sa porte. Elle a regardé par
la fenêtre et a vu sept personnes devant sa maison. P.W.1 et sa fille P.M.M (P.W.2)
ont crié. A l’aide d’une hache, ces personnes ont coupé le maillage de la fenêtre
ainsi que la grille, pour pouvoir entrer chez PW1. P.W.1. s’est cachée sous le
comptoir de sa boutique. Les voyous ont ordonné à PW2 de leur remettre son
téléphone portable. Les voyous sont allés à l'endroit où P.W.1 s’était cachée. Les
malfrats auraient pris les téléphones portables appartenant à PW1 et PW2. PW1 a
admis qu'elle n'a pas pu identifier les voyous. PW2 a pour sa part déclaré que
certains voleurs se sont introduits dans leur maison le 6.6.2007 à minuit. Un voleur
est entré dans la chambre de PW2 où il a exigé qu’on lui donne de l'argent. Ce
voleur avait une torche et un panga. PW2 dit qu'elle lui a donné son téléphone
Motorola C118. PW2 a été emmenée à la boutique par un des voleurs, où elle a été
violée. Les voyous ont emmené P.W.2 à la maison principale. P.W.2 a allumé les
lumières, a pris 500 Kshs, qu’elle a remis aux voyous. PW2 a dit que le voleur de
petite taille l'a violée une fois de plus, après quoi l'autre voyou a pris la relève et a
commencé à la violer. Les voleurs sont partis et ont fermé la porte de l'extérieur.
P.W.1 est arrivée et a ouvert la porte. PW2 dit que les voyous étaient avec elle
pendant plus d'une heure. PW2 a affirmé qu'elle avait réussi à identifier le voleur qui
l'avait violée quand elle a allumé les lumières dans leur maison principale. Elle a dit
qu'il avait un nez particulier. P.W.2 ne connaissait pas le voleur. Des gens sont
venus et ont emmené PW2 à l'hôpital du district K. Deux jours après, PW2 a été
appelée à participer à une séance d'identification. P.W.2 a désigné l'appelant. Nous
avons soigneusement examiné le témoignage de PW2. Son témoignage est celui
d'un seul témoin d'identification. Elle a dit qu'elle avait été en mesure d'identifier le
2ème appelant parce qu'il était de petite taille et qu’il avait un nez particulier. Elle a
dit qu'elle a remarqué ces caractéristiques quand elle allumé les lumières dans leur
maison principale. PW2 affirme que quand elle a allumé les lumières, un des voyous
les a éteintes presque immédiatement. Nous ne sommes pas convaincus que les
conditions étaient propices à une identification positive exempte d'erreurs. Nous
sommes arrivés à la conclusion ci-dessus car il n’existe aucune preuve que PW2 ait
donné la description de l'appelant à la police. D'autre part, le type de lumière n'a pas
été décrit. Nous en sommes réduits à nous demander si la source de lumière était
électrique ou si elle provenait d’une lampe lanterne. Il n'y a aucune description quant
à l’intensité de la luminosité. Troisièmement, nous pensons que le temps que la
lumière est restée allumée était trop court pour permettre au témoin d’avoir un
aperçu du 1er appelant. Nous disons cela en tenant compte du fait que le témoin ne
connaissait pas le 1er appelant. Malgré le fait que le magistrat principal ait condamné
le 1er appelant sur base du témoignage d'un seul témoin identification, elle n'a pas
réussi à se prémunir contre le danger d’agir de la sorte avant de prononcer une
condamnation. Nous devons arriver à la conclusion qu'il n’était pas prudent de
prononcer une condamnation sur la base d'une telle preuve. Nous accordons par la
présente le bénéfice du doute au 1er appelant. En conséquence, l'appel est accueilli.