La Cour accepte l‟observation de l‟accusation disant qu‟en plus d'être un proche voisin, l'accusé était un oncle de PW5, tout comme il était un des frères d‟une certaine Aidah, la mère de PW5. La question qui se pose alors, est de savoir si PW5 a eu la présence d'esprit d'identifier l'accusé dans des conditions qui ont été décrites et d‟exclure la participation de quelqu'un d'autre. Puisqu‟il semblerait qu‟il faisait sombre, en raison d'une fenêtre fermée dans la pièce où l'incident s‟est produit, même s‟il était d'environ 11 heures du matin, la Cour va examiner minutieusement le témoignage de PW5 afin de vérifier si son identification est fiable et si elle était sincère. Dans l‟affaire John Katuramu c. Ouganda, Appel en Matière Criminelle n°2 de 1998, la Cour Suprême d'Ouganda, a affirmé en l‟espèce ; "La position en droit est que la Cour peut prononcer une condamnation sur la base du témoignage d'un seul témoin identifiant. Toutefois, le tribunal doit toujours se mettre en garde contre le danger de la possibilité de commettre une erreur d'identification dans un tel cas”. La Cour a averti les assesseurs, tout comme elle se met en garde aujourd'hui sur les dangers de commettre une erreur d'identification. La Cour devra donc chercher dans la preuve d'identification des éléments pouvant confirmer que c‟était l'accusé et personne d‟autre qui a commis l'infraction. Sur ce point, la Cour note que ce jour-là, PW5 avait vu et parlé à l'accusé et en particulier avant d‟aller se reposer, à environ 11 heures. ll est également tout à fait évident que l'accusé savait que PW5 dormait dans la chambre de sa grand-mère, vu qu‟il venait de lui donner un médicament à prendre pour sa maladie et qu‟il lui a conseillé d'aller se reposer. La Cour accepte le témoignage de PW5 dans lequel elle a déclaré avoir entendu et reconnu la voix de l‟accusé, alors que celui-ci était en dehors de la chambre où elle se trouvait et qu‟il a ordonné à son frère cadet, Lorraine, de rester en dehors de la maison juste avant de lancer son attaque. Enfin, le fait que PW5 ait pu appeler Lorraine et lui demander immédiatement après l'incident d'aller appeler sa grand-mère à l'aide est la preuve la plus convaincante qu'elle a eu la présence d'esprit de demander de l'aide. Le comportement de PW5 démontre aussi qu‟elle avait conscience de la nécessité de signaler les actions de son oncle à sa grand-mère qui est à la tête de la maison. La Cour note également que PW5, malgré son angoisse et la douleur, a eu la décence de mettre son pantalon abord, avant de demander à son frère cadet, Lorraine, d‟aller appeler PW5 [sic]. La Cour est convaincue que PW5 était en mesure d‟identifier son agresseur comme étant son oncle en raison de la proximité ; il était au-dessus d'elle et un peu de lumière passait à travers les ventilateurs et, bien que faible, elle était alerte, lucide et consciente de ce qui l‟entourait, comme l‟attestent ses actions immédiatement après l'incident.

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