Ceci étant une infraction sexuelle, le témoignage de la victime doit être corroboré. Le
besoin de corroboration est une pratique établie que les tribunaux de droit ont adopté
par prudence dans les cas de cette nature. Le tribunal a averti les assesseurs, tout
comme il se met en garde aujourd'hui contre le danger de se baser sur le
témoignage non-corroboré de la victime pour déclarer la culpabilité de l'accusé.
Qu’est-ce que la corroboration?
La corroboration signifie qu‟un autre élément de preuve indépendant rend probable
le fait que l'histoire de la victime soit vrai et fait qu‟il est raisonnable de s'y fier.
Des éléments de preuve corroborants renforceraient le témoignage de la victime sur
certains points significatifs. Ils confirmeraient, non seulement que l'infraction a été
commise mais que c‟est l'accusé qui en était le responsable.
En l‟espèce, la victime, bien qu‟elle soit un enfant en bas âge a témoigné sous
serment après que le tribunal ait été convaincu qu'elle avait compris la nature d'un
serment. PW5 a impressionné le tribunal, lors du voir dire avec la force de la
croyance et la compréhension de sa foi choisie. Ce témoin a fait preuve de calme, de
sérénité et de maturité bien au-delà de son âge. Elle a laissé au tribunal l‟impression
que son témoignage était fiable, crédible et convaincant.
En fait, le témoignage de PW5, par lui-même, est suffisant pour prouver que l‟organe
sexuel d‟une personne de sexe masculin a pénétré son organe sexuel achevant ainsi
l'acte de rapport sexuel. Toutefois, le tribunal déterminera s‟il existe d'autres preuves
à l'appui du témoignage de PW5.
Pour la corroboration, l'accusation s‟est appuyée sur les éléments suivants;
a) L‟expertise médicale de PW1 porte sur l‟ examen la victime, le lendemain, le 8
septembre 2006. PW1 a constaté que PW5 avait des blessures sur sa jambe et sur
sa cuisse, chacune mesurant 1cm, et il les a classées comme étant des sévices. Il a
également remarqué qu'il y avait des signes indiquant une pénétration sexuelle de
ses parties intimes et que son hymen avait été rompu et que la rupture datait d‟un
jour. De l'avis du médecin, les blessures démontraient que la victime avait opposé
une certaine résistance. PF3 et ses annexes ont été produits comme pièces à
conviction Pex 1 et PEX2. Cette constatation corroborrait la description que PW5
a donné de ce qui lui était arrivé.
b) PW4 a affirmé dans son témoignage que lorsqu‟elle a été appelée par Lorraine,
elle a trouvé PW5 couchée sur son lit, en train de pleurer de douleur avec du sang
provenant de ses parties intimes. Cette situation était due à un état de détresse.
Dans l‟affaire Abasi Kibazo contre Ouganda [1965] EA 507, la Cour d'appel
d‟Afrique de l'Est a noté sur ce point; "Dans les infractions sexuelles, l'état de la
plaignante est susceptible de corroborer le témoignage de la plaignante, selon
les circonstances et les preuves".
c) Selon PW4, PW5 se plaignait de douleurs dans les hanches et dans ses parties
intimes. Selon ce témoin, cette douleur serait due au fait que la victime a été forcée à
faire ce qu‟elle n‟était pas en mesure de pouvoir faire. PW4 a ainsi déclaré : "D'après
ce que j’ai pu voir, je crois ce que la victime m’a raconté". Il est à noter que PW4
est une femme mûre et que les tribunaux de droit peuvent compter sur le fait qu‟une