Sewankambo Hamuza: L‟accusé est un délinquant primaire. Il a cependant commis
une infraction très grave. L'infraction de la souillure est passible d'une peine
maximale de la mort. L‟accusé a profité de sa nièce qui était malade et se reposait.
Au lieu de la protéger, l‟accusé l'a agressée sexuellement. Les actions de l‟accusé
sont une manifestation claire des abus endémiques des jeunes filles aux mains de
proches parents. Les agressions sexuelles de cette nature soumettent les jeunes
filles à un certain nombre de risques, tels que contracter des maladies sexuellement
transmissibles, des grossesses non-désirées et une faible estime de soi.
Au cours du procès, l‟accusé n'a montré aucun remord. Il a même rejeté la relation
de sang qu'il a avec la victime. Il ne s‟est pas repenti. Nous prions pour une peine
d'emprisonnement dissuasive qui enverra un signal à notre société pour que d'autres
l‟apprennent. C‟est notre requête.
Kabonesa Evelyn: L‟accusé est un délinquant primaire. Il a 23 ans et est un jeune
homme qui peut être réformé. Il est en détention provisoire depuis septembre 2006,
ce qui correspond à une période de trois ans et deux mois. L‟accusé est marié et
père de trois enfants et il est le seul gagne-pain de la famille. L‟accusé semble être
pris de remords. Nous demandons une peine clémente qui donnerait à l‟accusé la
possibilité de reconstruire sa vie.
Accusé: Je demande la clémence. J‟ai été en détention provisoire pendant une
longue période couvrant trois ans et deux mois. J‟ai des responsabilités familiales,
une épouse et des enfants dont je dois m‟occuper. Mon père et ma mère sont morts
depuis. Je demande une peine légère car je dois m‟occuper de mes propres enfants.
Tenywa Moïse: Je suis le père de la victime. La mère de la victime, Sharon Mugala,
Aidah est décédée entretemps. Elle était la sœur du condamné. Je demande pour
une peine sévère compte tenu de ce que l‟accusé, un oncle de ma fille, lui a fait.
Cour: Ngobi Peter a été déclaré coupable de corruption de mineur en contravention
de l‟Article 129 (1) de la Loi sur le Code Pénal. L'infraction a été commise contre la
victime, sa propre nièce, qui est une fille d'Aidah, la sœur de l‟accusé. Ce n‟est donc
pas simplement un cas de corruption de mineur, dont les cas sont monnaie courante
dans la plupart des régions de notre pays aujourd'hui, mais aussi un cas d‟abus d'un
proche parent.
En vertu de la loi et dans notre culture, c‟est une abomination d‟avoir des relations
sexuelles avec des membres de sa propre famille. Cette sanction vise à assurer que
l'on ne fasse pas d‟enfants avec ses propres parents. L'expérience traumatisante
que la victime a subie vivra dans la mémoire collective de sa famille, de ses beauxparents et de ses amis pour un certain temps.
Les cas de corruption de mineur sont maintenant une réalité, même dans nos
propres maisons. Il semblerait qu‟il n‟y ait plus aucune limite désormais. Même des
parents de sexe masculin dans nos maisons peuvent succomber à la tentation et
perpétuer de tels actes. Nous devons poser la question de savoir qui va enseigner,
nourrir et prendre soin des jeunes filles qui sont les futures mères de ce pays, si elles
risquent d‟être sexuellement aggressées par leurs parents.
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