139. Dans le cas du pétitionnaire, bien que son avocat ait fait la demande et que le tribunal ait émis une ordonnance qui a été publiée le 4 novembre 2008, afin que le pétitionnaire soit examiné par une équipe de médecins, il n'y a rien au dossier confirmant que le pétitionnaire ait été examiné et si oui, quel a été le résultat de cet examen. Par conséquent, le tribunal dispose seulement du rapport du Dr Nyakeri qui, comme nous l'avons déjà mentionné dans les paragraphes 112 et 113 du présent arrêt, est inadéquat. Nous sommes gênés par ce manque de preuves médicales et scientifiques concernant le pétitionnaire parce que nous n’avons aucune preuve concluante sur aucun des six paramètres mentionnés dans l’affaire Bellinger vs Bellinger (supra). Il en résulte que nous sommes incapables de déterminer de façon concluante, si les résultats d'un test utilisant les paramètres énoncés dans les affaires Corbett vs Corbett (supra) et Bellinger vs Bellinger (supra) seraient compatibles avec le fait que la mère du pétitionnaire lui ait attribué un sexe masculin. La question de la détermination du sexe du pétitionnaire est particulièrement importante vu que les mariages entre personnes du même sexe sont illégaux dans ce pays. 140. Quoi qu'il en soit, bien que le rapport du Dr Nyakeri montre que le pétitionnaire se penche vers un hermaphrodisme masculin, le rapport montre que le pénis du pétitionnaire est sous-développé et que les testicules sont absents. Cela signifie que le pétitionnaire est fondamentalement incapable de consommer un mariage en tant qu’homme. Cela a été confirmé par la mère et la grand-mère du pétitionnaire qui ont affirmé que les tentatives effectuées par le pétitionnaire pour trouver une épouse ont toutes échoué car les femmes avec lesquelles il a tenté de se marier ne parvenaient pas à vivre avec son incapacité à consommer le mariage. Du point de vue juridique, culturel et religieux dans ce pays, l'union entre un homme et une femme dans le mariage est conditionnée par la consommation du mariage via le coït. 141. Ainsi, dans cette affaire, le pétitionnaire n'a pas été privé du droit de se marier, pas plus qu’il n’a été interdit de contracter un mariage valide en vertu de son statut de personne intersexuée. Le pétitionnaire est limité par la nature car il n'a pas la capacité de consommer le mariage. Son handicap est d’ordre biologique plutôt que d’ordre juridique. Les questions concernant le droit du pétitionnaire à adopter un enfant ont été soulevées devant nous en tant que questions générales. Etant donné que rien ne prouve que le pétitionnaire ait adopté ou ait l'intention d'adopter un enfant, nous ne jugeons pas approprié d'examiner la question de l'adoption. En effet, une telle demande devrait être traitée dans le cadre de Loi sur les Enfants en tenant compte de toutes les circonstances de ce cas particulier. Le droit de pétitionnaire de déterminer son sexe ou de définir son identité sexuelle. 142. Quant au droit du pétitionnaire de déterminer son sexe ou de définir son identité sexuelle, il se trouve que le pétitionnaire est un adulte et ne nécessite donc pas le consentement d’aucune personne pour définir son identité sexuelle à condition que cela soit fait dans les limites de la loi. La mère du pétitionnaire lui a attribué le sexe masculin. Il a vécu comme un homme toute sa vie. Il n'y a aucune indication selon laquelle il voudrait changer de genre. Le pétitionnaire dispose de la chirurgie correctrice s’il veut clairement définir son identité sexuelle. Nous réalisons toutefois que cette opération serait une affaire délicate et coûteuse. L'état du pétitionnaire n’est pas plus précaire ou urgent que les patients atteints

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