112. Ayant établi que le pétitionnaire est une personne intersexuée, la question suivante est
de savoir s’il existe dans ce pays une classe identifiée ou un groupe de personnes connues
comme intersexuése dont les intérêts peuvent être représentés par le pétitionnaire. En
d'autres termes, s’il y a d'autres personnes autres que le pétitionnaire relevant de la
catégorie des personnes intersexuées comme décrit ci-dessus. Il incombait au pétitionnaire
et aux autres parties qui ont soutenu la pétition d’établir la présence de ce groupe de
personnes. Cela ne pouvait être fait que sous forme de preuve médicale et de données
statistiques. Malheureusement, aucune preuve concrète n’a été déposée devant le tribunal.
Cette affaire se distingue donc de l’affaire Il Chamus, (ci-dessus) dans laquelle les quatre
requérants ont reçu un locus standi après qu’il ait été constaté qu'ils étaient membres de la
communauté Il Chamus, un groupe minoritaire unique et cohérent comprenant environ
trente mille personnes.
113. Dans le cas présent, si ce n’est le fait qu’il ait parlé de façon générale des personnes
intersexuées, le pétitionnaire n'a pas identifié une seule autre personne intersexuée.
Plusieurs parties se sont candidatées et ont été jointes à ce procès soit comme amicus curiae
soit en tant que parties intéressées. L'impression qui ressort est que l'action intentée par le
pétitionnaire soulevait des questions d'intérêt public telles que la présence des parties
supplémentaires était nécessaire à des fins de fournir une information appropriée qui
permettrait au tribunal de traiter les questions de manière globale.
114. En se joignant à l’action, la 2ème amicus curiae, David Kuria, a juré un affidavit le 25 mai
2009, dans lequel il a affirmé que, au cours de ses fonctions, il a rencontré des personnes
intersexuées dont la situation était similaire à celle du pétitionnaire. Néanmoins, aucun
autre affidavit n’a été juré au nom du 2ème amicus curiae étayant cette affirmation et le 2ème
amicus curiae n’a identifié aucune autre personne intersexuée.
115. De même, le 3ème amicus curiae, cherchant à convaincre le tribunal de joindre son
affidavit à l’action, a déposé un affidavit par le biais de son secrétaire, un certain Mburu Gitu
indiquant qu'il apportera à la cour des informations vitales et précieuses concernant les
personnes nées intersexuées et la violation des droits humains à laquelle ils font face. Ayant
été joint à cette action, aucun autre affidavit n’a été déposé au nom du 3ème amicus curiae
présentant devant le tribunal des faits concernant la présence de personnes intersexuées
dans ce pays ou la prétendue violation de leurs droits.
116. De même, la 1ère partie intéressée a fait des références générales concernant la
violation des droits des personnes intersexuées au Kenya. Les affidavits déposés par Jedidah
Wakonyo Waruhiu, le directeur exécutif de la 1ère partie intéressée, ne font référence à
aucun autre intersexuel au Kenya à part le pétitionnaire. Gilbert Oduor Onyango, directeur
adjoint de la 2ème partie intéressée, a également déposé un affidavit demandant au tribunal
de joindre la 2ème partie intéressée à l’action, indiquant que, dans le cadre de ses fonctions, il
avait rencontré des mineurs intersexuels dont le sort était similaire à celui du pétitionnaire.
Le directeur adjoint a juré que son organisation avait reçu des instructions de tuteurs ou
parents de mineurs intersexuels lui demandant de mettre en lumière le sort des mineurs
intersexuels. Là encore, aucun affidavit ou dénonciation n’a été déposé devant le tribunal
par le 2ème partie intéressée au sujet de l'incidence ou de la prévalence des naissances
intersexuées dans le pays.
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