intersexuels dans le pays. Cela soulève la question de savoir si la question portée devant nous est une question d'intérêt public. 102. L’«intérêt public» est défini dans le Black’s Law Dictionary 8ème édition comme: «1. Le bien-être général de la population qui mérite d’être reconnu et protégé; 2. une chose qui présente pour le public dans son ensemble un intérêt, particulièrement un intérêt qui justifie des réglementations gouvernementales ". Ainsi, afin de déterminer si l’action qui est portée devant nous est une question d'intérêt public et si le pétitionnaire a la qualité pour intenter une action représentative, plusieurs questions se posent : Qui est considéré comme une personne intersexuée? Y a-t-il un corps de personnes dans ce pays connu sous le nom des personnes intersexuées ou intersexuels? Le pétitionnaire est-il une personne intersexuée? Est-ce que les questions portant sur les personnes intersexuées sont des questions qui concernent le bien-être général de la population, ou des questions qui présentent un intérêt pour le public dans son ensemble? 103. Un argument a été soulevé, à l'effet que le requérant n'a pas de locus standi pour déposer la pétition à titre de représentant d'autres personnes intersexuées, en particulier lorsque ces autres personnes intersexuées ne sont pas identifiés par leur nom et que leur nombre n’est pas connu. À cet égard, l’affaire Priscilla Nyokabi Kanyua vs The Attorney General (ci-dessus) est pertinente. Dans cette affaire, le développement de la jurisprudence sur la question du locus standi a été ébauchéet la conclusion était, qu'en matière d'intérêt public, les tribunaux se sont éloignés de la position restrictive précédente selon laquelle le pétitionnaire autre que le procureur général, devait montrer que la question de l'intérêt public faisant l’objet de la plainte, lui avait porté atteinte en plus d’avoir porté atteinte au grand public. L'approche désormais préférée est une approche plus large et plus ciblée donnant locus standi à toute personne agissant de bonne foi avec un intérêt personnel minimal dans une question d'intérêt public, de demander une intervention judiciaire pour assurer le caractère sacré de la constitution. 104. Telle était la position dans l'affaire Il Chamus (précitée) où Nyamu et Emukule JJ se sont éloignés de l'approche restrictive adoptée par Nyamu et Wendo JJ. dans l’affaire Alphonse Mwangemi Munga & 10 others vs African Safari Club Ltd [2008] eklr, selon laquelle l'Article 84 de la Constitution ne prévoit pas qu’une seule personne puisse intenter une action commune pour le compte d’autrui, à moins que la personne dont le droit est présumé avoir été violé est détenue. Nyamu et Emukule JJ ont estimé que rien ne pouvait empêcher un individu ou un groupe d'individus ayant un grief commun, d’alléguer dans une action en justice que leurs droits fondamentaux et libertés individuelles en vertu des Articles 70 à 83 de la Constitution avaient été violés par rapport à chacun d'entre eux et collectivement. 105. Nous sommes entièrement d'accord avec le point de vue exprimé ci-dessus car il est compatible avec la définition du mot «personne» se trouvant à l'Article 123 de la Constitution et à l'Article 3 de The Interpretation and General Provisions Act Cap 2 [Loi sur l'interprétation et les dispositions générales NdT]. Cette définition habilite les associations ou personnes morales à agir en justice à l'égard de l'application de certains droits et libertés fondamentaux. La définition est conforme à l'interprétation large de l'Article 84 de la Constitution, qui en matière d'intérêt public donne locus standi à une personne pour

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