grâce à l’implication de la société civile et des intervenants pénitentiaires dans la gestion des EP. Ils
interviennent dans les domaines de la production pénitentiaire, de l’amélioration du cadre de vie, de
l’assistance aux groupes vulnérables, etc.
En outre, il a été créé depuis 2011 un projet de production pénitentiaire dont l’objectif est de contribuer
à la sécurité alimentaire et de favoriser la réinsertion sociale des détenus.
Les efforts consentis dans le processus de normalisation des EP laissent cependant subsister de
nombreuses insuffisances. Les EP se trouvent dans un état de surpeuplement avancé. Le taux
d’occupation moyen en 2016 est de 186,2% et ne cesse de croître d’année en année.
La surpopulation carcérale s’explique par la faible capacité d’accueil des EP, les difficultés de mise en
œuvre des mesures alternatives à l’emprisonnement ferme, la lenteur dans le traitement des affaires
pénales et l’accroissement de la délinquance.
En outre, l’une des caractéristiques principales des EP est qu’ils sont pour la plupart vétustes et souvent
bâtis dans des domaines inappropriés (construits sur terrains accidentés ou entre des habitations).
Aussi, le fait qu’un même EP serve à la fois de maison d’arrêt et de maison de correction et
l’inexistence de MAC spécifiques aux femmes et aux mineurs constituent une faiblesse.
Par ailleurs, il existe de nombreuses difficultés liées à la prise en charge sanitaire des détenus. Ainsi,
les infirmeries sont parfois inadaptées ou inexistantes, les produits pharmaceutiques insuffisants et le
personnel soignant qualifié fait souvent défaut. Excepté la MAC de Ouagadougou, aucun EP ne dispose
d’ambulance pour les évacuations sanitaires. L’alimentation des détenus reste aussi une préoccupation
au regard de l’insuffisance en quantité et en qualité de la ration alimentaire. Toutes ces difficultés
trouvent leur source dans la faiblesse de la dotation budgétaire.
Réinsertion sociale des détenus
Le processus de réinsertion sociale des détenus permet de mettre à profit la durée de détention des
condamnés pour leur donner des outils afin qu’ils soient utiles à eux-mêmes et à la société. En 2016, le
nombre de mineurs privés de liberté ayant bénéficié au moins d’un programme de réinsertion est de
1148 contre 498 en 2015, soit une croissance de 230,52%. Concernant ces mesures destinées aux
femmes, la proportion est passée de 193 en 2015 à 375 en 2016, soit une croissance de 194,30%. Pour
leur encadrement technique, les détenus bénéficient de l’assistance du personnel de la GSP et des
travailleurs sociaux des MAC. Cet encadrement s’est amélioré depuis 2011 par la formation du
personnel de la GSP dans des centres spécialisés en élevage et en agriculture afin de contribuer à la
promotion de la formation professionnelle des détenus.
Si la réinsertion sociale peut être considérée comme un acquis, il reste que sa portée est limitée car ne
prenant en compte que le séjour en détention. Le suivi post carcéral du détenu ayant bénéficié d’une
formation professionnelle au sein des EP est quasi inexistant.
Modernisation de l’administration pénitentiaire
L’effort de modernisation de l’administration pénitentiaire se constate à travers l’existence d’un corps
para militaire (GSP), et l’érection du commandement depuis 2010 en une direction générale rattachée
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