- le statut de «perpétuelle étrangère » dans la famille de son époux ou dans la famille d’origine de la femme et ; - le mauvais positionnement des femmes sur les listes électorales. 1.3.4.2. Dans le secteur de la justice Du point de vue de la jouissance des droits, on peut dire que la législation au Burkina est favorable à l’égalité entre tous les citoyens (hommes et femmes) dans tous les domaines de la vie. Le Burkina a également ratifié la plupart des instruments internationaux et régionaux en faveur de la promotion des droits humains, toutes choses qui constituent un gage pour l’exercice de la justice sociale. Cependant, force est de constater que, malgré l’existence d’un arsenal juridique conséquent et les actions menées dans le but de rapprocher la justice du justiciable, l’accès et la jouissance du droit par rapport aux actes de justice demeurent encore très différenciés selon que l’on est un homme ou une femme. En outre, le Burkina Faso a du mal à appliquer l’ensemble des textes et lois dont il dispose. Plusieurs raisons sont à l’origine de cette problématique. Parmi ces raisons, on peut retenir notamment : - la grande ambivalence de la superposition du droit moderne au droit coutumier toujours vivace dans les différentes sociétés burkinabé et ; - le faible niveau d’instruction et d’alphabétisation de la grande majorité des populations, aggravé par une absence de culture juridique, alors que les procédures judiciaires sont complexes. On relève également d’autres facteurs qui influencent négativement la jouissance et la défense des droits. Il s’agit notamment de : - la méconnaissance par les femmes et les hommes des différentes dispositions juridiques ; - la difficile adaptation des mentalités aux principes du droit moderne qui privilégie la sanction à la conciliation prônée par le droit traditionnel (fondé sur les coutumes et les religions, reconnu et respecté); - le problème d’accessibilité et la lenteur de la procédure judiciaire ; - l’insuffisance de la diffusion et de la vulgarisation des textes, notamment dans les langues nationales ; - le manque de temps dû à la surcharge de travail qui ne permet pas à la femme d’aller vers l’information, encore moins d’aller se plaindre à la justice ; - la honte de l’homme ou de la femme d’exposer l’honneur de la famille « dans la rue’’ ; - l’intolérance de ce genre d’action par les représentations mentales, surtout lorsque l’acte émane de la femme et ; - la non possession, par des citoyens, de pièces d’état civil (acte de naissance, acte de mariage, carte d’identité, etc.), surtout en milieu rural, qui rend difficile un traitement judiciaire des litiges. 20

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