La mère a signalé l'affaire aux autorités du Conseil Local, mais ils n’ont pas pris de
mesures. L’affaire a été rapportée plus tard aux autorités supérieures avec l'aide
d'une ONG appelée Mifumi. Suite à cela, l'accusé a été arrêté, tandis qu’elle était
emmenée se faire examiner à des fins médicales d’où leur présence au tribunal. Elle
a mentionné l'existence d'une querelle foncière entre les deux parents.
La victime, qui est maintenant une jeune mère, infectée par le virus VIH, semblait
calme et posée à la barre des témoins.
Le prochain témoin à attribuer l’abus à l'accusé était Adikin Beatrice, la mère de la
victime et femme de l'accusé. Elle a d'abord déclaré qu'elle avait 35 ans, mais en
contre-interrogatoire a admis ne pas connaître son véritable âge. Elle a déclaré que
sa fille est née en 1992, ce qui lui donnerait plus de 14 ans mais moins de 18 ans. La
différence d'âge ne ferait donc pas une différence importante dans le cas d’une
infraction d’abus aggravé. Il y a suffisamment d'autres facteurs aggravants.
Elle a déclaré d'abord qu'elle ne connaissait pas le père de l'enfant de sa fille, mais a
déclaré plus tard que c’était l'accusé. Elle a nié avoir une querelle foncière avec
l'accusé. Elle a déclaré qu'elle était un peu confuse au cours du contre-interrogatoire.
Quelle était la raison de sa confusion? Est-ce la situation dans laquelle elle se
trouve, ou est-ce parce qu'elle ne dit pas la vérité?
Elle s’est constamment abstenue d'appeler un chat un chat lorsqu’on lui demandait
ce que l'accusé avait causé à la victime. Soit elle était une menteuse évasive, soit
l'incident l'avait tellement traumatisée qu’elle se sentait gênée de même mettre en
paroles ce qui était arrivé.
De manière alternative ou supplémentaire, étant une femme rurale africaine, les
sensibilités de sa culture ne lui permettraient pas d'affirmer certaines choses en
public. Telle est la position adoptée par le Ministère Public pour expliquer la gêne
apparente du témoin à la barre.
L'accusé a choisi de faire une déclaration sans prêter serment, ce qui signifie qu'il a
choisi de ne pas être soumis à un contre-interrogatoire. Il a déclaré qu’il est un soldat
de l'UPDF à la retraite mais travaillait comme garde de sécurité avant son
arrestation. Il a épousé la mère de la victime et ils ont acheté la parcelle sur laquelle
ils vivaient avant son arrestation.
Il a nié que l'enfant de la victime est le sien. Il a blâmé sa situation actuelle sur les fils
de sa femme, qu'il accuse de ne jamais l'avoir accepté comme leur père, le mari de
leur mère.
Il a également mentionné la parcelle de terrain qu'il a achetée avec sa femme, qu’ils
tentaient de vendre et par là de le priver de sa propriété. L'accusé a attribué tout cela
en partie sur le fait qu'il n’est pas de la région.
J’ai estimé que la victime était un témoin crédible. Le fait qu'elle ait un enfant, soit
infecté par le VIH, signalé l'affaire à sa mère contre toute attente et répercussions

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