coutumier ne puisse être reconnu. Ceci doit être différencié de ce que les Banyankole de l‟ouest
de l'Ouganda appellent "Emihingiro", qui en anglais signifie “cadeaux de mariage”. Ce sont des
cadeaux donnés par les parents et les proches de la mariée pour aider le mari et elle à commencer
la vie dans leur nouvelle maison. Dans cette même langue, le prix de la fiancée est appelé
"Enjugano".
J‟ai attentivement lu tous les affidavits qui soutiennent cette pétition ainsi que ceux qui
s‟opposent à la pétition. J‟ai également lu une bonne quantité de la littérature sur les pratiques de
mariage dans la plupart des pays africains. Je comprends que cette pétition porte sur le prix de la
fiancée tel que défini dans ce jugement ou « Enjugano » comme l‟appellent les Banyankole.
Incidemment ma propre tribu, les Bakiga de Kigezi, qui sont des voisins très proches et qui
partagent avec les Banyankole un langage similaire, appellent le prix de la fiancée « Enjugano ».
De même, le mot dot, en Runyankole-Rukiga, "Emihingiro" signifie les biens qui accompagnent
la mariée lorsqu‟elle rejoint son mari dans le mariage.
Je pense que cette pétition conteste la constitutionnalité de notre pratique du mariage traditionnel
de payer le prix de la fiancée ou "Enjugano" comme l‟appellent les Banyankole-Bakiga. Elle ne
porte pas sur la dot ou "Emihingiro". La différence doit être clairement gardée à l'esprit afin de
traiter les questions avec un esprit clair.
Alors, de quel type de mariages parlons-nous? A quel type de pratiques avons-nous affaire?
Quels sont les éléments des pratiques traditionnelles qui sont contestés dans cette pétition? Je me
permets de dire que ce sont ceux qui ont les trois éléments ou caractéristiques suivants: (a) Les parents de la mariée demandent le paiement du prix de la fiancée (tel que défini plus
haut) avant qu‟un mariage légal ne puisse avoir lieu.
(b) Le paiement du prix de la fiancée est fait par l'époux ou ses parents /famille aux parents ou
famille de la mariée. Le paiement n‟est jamais fait à la mariée elle-même et le plus souvent, elle
n‟est pas consultée par rapport au montant que son futur mari doit payer pour elle.
(c) Chaque fois qu‟un mariage se traduit par un divorce, le prix de la fiancée qui a été payé doit
être remboursée au mari (le plus souvent, quel que soit le conjoint qui était en faute ou la durée
du mariage).
Maintenant, pour les avocats Kenneth Kakuru et ses amis qui prétendent qu'il n'y a pas de
paiement de prix de la fiancée chez les Banyankole, si leurs pratiques concernant le mariage
coutumier ne possèdent pas les trois caractéristiques nommées ci-dessus, alors ils peuvent être
assurés que leurs pratiques de mariage coutumier ne sont pas contestées dans cette pétition. Je dis
cela en plaisantant parce que je suis très au courant de la tradition des pratiques de mariage
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